Sénégal : le FMI déplore toujours un niveau d’endettement élevé


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Kristalina Georgieva, présidente du FMI
Kristalina Georgieva, présidente du FMI

Le Fonds monétaire international (FMI) a conclu une mission de travail au Sénégal consacrée à l’évaluation de la situation macroéconomique et aux échanges avec les autorités sur les réformes en cours. Cette visite intervient au moment où s’opèrent des ajustements budgétaires à la suite de révélations sur la gestion passée des finances publiques. De plus, le pays est entré dans une nouvelle phase économique liée à l’exploitation des hydrocarbures.

Le FMI a effectué une mission au Sénégal du 15 au 19 juin 2026 sous la direction de Mercedes Vera Martin. Cette mission avait pour objectif d’évaluer les performances économiques du pays et d’examiner les politiques publiques mises en œuvre. Les discussions ont porté sur les finances publiques, la dette, la croissance économique et les perspectives à moyen terme.

Efforts visant à améliorer la transparence

Cette visite intervient après des tensions liées à la gestion des finances publiques sous l’ancien régime. Les nouvelles autorités, sous l’impulsion de l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko, avaient évoqué l’existence de données budgétaires inexactes et accusé le précédent pouvoir d’avoir dissimulé une partie de la dette publique. Ces accusations ont conduit à l’ouverture d’un processus de clarification des comptes publics.

Le FMI a salué les mesures prises par les autorités pour corriger les irrégularités constatées dans les déclarations budgétaires. L’institution a notamment relevé des efforts visant à améliorer la transparence et la fiabilité des données transmises. Ce processus concerne le dossier de « misreporting », lié à la communication d’informations inexactes au FMI.

Croissance économique : le rôle des hydrocarbures

Les autorités sénégalaises ont engagé plusieurs réformes dans ce cadre. Il s’agit notamment du renforcement des mécanismes de contrôle interne, de l’amélioration de la gouvernance budgétaire et de la centralisation des données relatives à la dette publique. Le FMI indique que ces actions ont permis des avancées, tout en précisant que des efforts supplémentaires restent nécessaires.

L’année 2025 a été marquée par une progression notable de l’activité économique. Selon les estimations du FMI, la croissance du Sénégal a atteint 6,7%. Cette performance est en grande partie liée au démarrage de la production pétrolière et gazière. L’entrée du Sénégal dans le cercle des pays producteurs d’hydrocarbures a eu un impact direct sur les exportations.

Réduction du déficit et ajustements des dépenses

Cette évolution modifie la structure de l’économie, historiquement dominée par les services, l’agriculture et les transferts de la diaspora. Le FMI a également relevé une réduction significative du déficit budgétaire. Celui-ci est passé de 13,4% du produit intérieur brut en 2024 à 6,4% en 2025. Cette évolution est liée à des mesures de rationalisation des dépenses publiques et à un meilleur encadrement budgétaire.

Les autorités ont mis en place des politiques visant à contenir les dépenses et à améliorer la mobilisation des ressources. Cette consolidation budgétaire s’inscrit dans une stratégie de stabilisation des finances publiques. Le FMI considère cette réduction comme un élément important dans l’assainissement des comptes de l’État.

Niveau d’endettement encore élevé

Malgré ces évolutions, le FMI souligne que le niveau de la dette publique reste élevé. Les besoins de financement du Sénégal demeurent importants. Notamment pour soutenir les investissements publics et accompagner les réformes économiques. Les autorités travaillent à une meilleure gestion de la dette, notamment à travers une unification des bases de données et un suivi plus rigoureux des engagements financiers.

Le FMI insiste sur la nécessité de poursuivre ces efforts afin de garantir la soutenabilité de la dette à moyen et long terme. Le contexte international constitue un facteur de risque pour l’économie sénégalaise. Le FMI évoque notamment les tensions géopolitiques au Moyen-Orient susceptibles d’entraîner une hausse des prix du pétrole sur les marchés internationaux.

Menace sur les finances publiques

Malgré sa production d’hydrocarbures, le Sénégal reste exposé à ces fluctuations. L’État continue de supporter une partie du coût des carburants à travers des mécanismes de subvention. Une hausse prolongée des prix pourrait ainsi peser sur les finances publiques et limiter les marges d’action budgétaire.

Au cours de la mission, plusieurs priorités ont été identifiées. Le FMI recommande un renforcement de la gestion de la dette, une amélioration continue de la transparence budgétaire et une consolidation des mécanismes de contrôle. L’institution met également l’accent sur le développement des filets sociaux.

Mobiliser des financements extérieurs

Les autorités sont encouragées à mieux cibler les aides en direction des populations vulnérables et à optimiser l’utilisation des ressources publiques. Les autorités sénégalaises ont exprimé leur volonté de conclure un nouveau programme avec le FMI. Un tel accord permettrait de mobiliser des financements extérieurs et de renforcer la crédibilité du pays auprès des partenaires internationaux.

Le FMI conditionne toutefois cette perspective à la poursuite des réformes engagées. L’institution insiste sur la nécessité de consolider les acquis en matière de gouvernance, de transparence et de discipline budgétaire avant tout nouvel engagement financier. Les débats autour de la dette publique restent liés aux accusations formulées par les nouvelles autorités.

Réévaluation de certains indicateurs

Ousmane Sonko a évoqué des pratiques ayant conduit à une sous-évaluation des engagements financiers de l’État sous le régime précédent de Macky Sall. Ces déclarations ont conduit à un audit des finances publiques et à une réévaluation de certains indicateurs. Le FMI a intégré ces éléments dans son analyse. L’institution insiste sur l’importance de disposer de données fiables pour l’évaluation des politiques économiques et la prise de décision.

Alioune Diop
Une plume qui balance entre le Sénégal et le Mali, deux voisins en Afrique de l’Ouest qui ont des liens économiques étroits
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