
À plusieurs mois d’intervalle, deux dossiers distincts présentent un point commun : avant un rendez-vous décisif impliquant le Maroc, des interrogations sur l’impartialité du cadre émergent. Lors de la finale Maroc-Sénégal de la CAN 2025, les contestations avaient précédé le match avant de se prolonger devant le Tribunal arbitral du sport (TAS). Aujourd’hui, avant que la FIFA ne désigne le stade qui accueillera la finale de la Coupe du monde 2030, le débat oppose déjà Rabat et Madrid sur fond de soupçons et de démentis officiels.
L’attribution de la finale de la Coupe du monde 2030 n’a pas encore été décidée par la FIFA, mais les échanges entre le Maroc et l’Espagne occupent déjà le devant de la scène. Les discussions autour du futur stade hôte rappellent, par leur chronologie, les tensions qui avaient précédé la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 entre le Maroc et le Sénégal. Dans les deux cas, des interrogations sur l’équité du cadre sont apparues avant même que la décision finale ne soit prise.
Avant la finale de la CAN 2025, des contestations publiques
Le débat actuel a pris de l’ampleur après la publication d’un article du Times affirmant que le président de la FIFA, Gianni Infantino, aurait promis au Maroc d’organiser la finale du Mondial 2030 en échange d’un soutien à sa réélection. La FIFA a officiellement démenti ces affirmations. De son côté, la Fédération espagnole a indiqué ne disposer d’aucune information confirmant l’existence d’un tel engagement.
Quelques jours avant la finale de la CAN 2025 entre le Maroc et le Sénégal, la Fédération sénégalaise de football avait publié un communiqué exprimant plusieurs réserves concernant l’organisation de son séjour à Rabat. Elle évoquait notamment un dispositif de sécurité jugé insuffisant lors de l’arrivée de sa délégation à la gare de Rabat. La fédération avait également annoncé son refus de s’entraîner au Complexe Mohammed VI, centre habituellement utilisé par la sélection marocaine, estimant que cette situation pouvait soulever une question d’équité sportive.
La CAF avait répondu aux différents griefs
Elle avait enfin contesté le nombre de billets réservés à ses supporters ainsi que le contingent de places VVIP attribué à sa délégation. La Confédération africaine de football (CAF) avait apporté une réponse point par point aux préoccupations exprimées par la Fédération sénégalaise. L’instance avait notamment indiqué que la sélection sénégalaise avait librement choisi son hôtel, qu’un terrain d’entraînement alternatif lui avait été attribué et que le quota de billets remis respectait les dispositions prévues par le règlement.
La finale s’était ensuite déroulée dans un contexte tendu. Au cours de la rencontre, les joueurs sénégalais avaient momentanément quitté la pelouse. Après examen du dossier, les commissions compétentes de la CAF avaient homologué une victoire 3-0 en faveur du Maroc par forfait du Sénégal. Cette décision a ensuite fait l’objet d’un recours devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), où le dossier est toujours suivi.
Le duel Rabat-Madrid s’invite dans le Mondial 2030
Plusieurs mois après cette séquence, un autre dossier oppose désormais Rabat et Madrid. Les deux pays, coorganisateurs de la Coupe du monde 2030 avec le Portugal, ambitionnent d’accueillir la finale de la compétition. Si aucune décision n’a encore été annoncée par la FIFA, les déclarations publiques se multiplient.
La ministre espagnole des Sports, Milagros Tolón, a affirmé que l’Espagne « mérite » d’organiser la finale et qu’elle poursuivra ses démarches auprès de la FIFA. Ces prises de position interviennent alors que plusieurs médias espagnols évoquent régulièrement les relations entre Gianni Infantino et les autorités marocaines dans le débat sur le choix du stade qui accueillera la finale.
Deux dossiers distincts, une chronologie comparable
Les deux situations restent différentes par leur nature. La finale de la CAN 2025 concernait une compétition organisée par la CAF, tandis que l’attribution de la finale du Mondial 2030 relève exclusivement de la FIFA. Les enjeux sportifs, institutionnels et juridiques ne sont donc pas identiques. En revanche, les deux séquences présentent une chronologie similaire.
Dans les deux cas, des interrogations sur l’impartialité du contexte apparaissent avant qu’une décision décisive ne soit rendue. Lors de la CAN 2025, les contestations avaient précédé la finale entre le Maroc et le Sénégal avant de se poursuivre devant le TAS. Pour le Mondial 2030, les débats portent déjà sur les conditions dans lesquelles la FIFA choisira entre Rabat et Madrid, alors même que l’instance mondiale n’a encore désigné aucun stade pour accueillir la finale.
Le TAS comme point de référence
Le contentieux né de la finale de la CAN 2025 demeure ainsi présent dans les mémoires alors que s’ouvre une nouvelle bataille autour d’un événement d’envergure du football mondial. D’un côté, un recours toujours associé à la finale Maroc-Sénégal devant le Tribunal arbitral du sport ; de l’autre, une compétition entre Rabat et Madrid pour accueillir la finale du Mondial 2030.
La FIFA maintient qu’aucune décision n’a été prise concernant le stade qui accueillera la finale. Les démentis publiés par l’instance mondiale et les déclarations des responsables espagnols prouvent néanmoins l’intensité du débat qui accompagne déjà cette future désignation, plusieurs années avant le coup d’envoi de la Coupe du monde 2030.




