
HEC Paris et le Groupe Supdeco Dakar ont annoncé, le 28 mai 2026, un partenariat destiné à mieux préparer les étudiants africains aux admissions internationales les plus sélectives. Avec une classe préparatoire d’excellence à Dakar, les deux établissements veulent faciliter l’accès aux grandes écoles, tout en posant une question sensible : comment former des profils mondialisés sans alimenter la fuite des talents ?
HEC Paris et le Groupe Supdeco Dakar officialisent un accord qui pourrait faire date dans l’enseignement supérieur ouest-africain. Selon le communiqué publié à Dakar le 28 mai 2026, les deux institutions lancent une Classe Préparatoire d’Excellence HEC-Supdeco, conçue pour accompagner des étudiants du continent vers le Master in Management – Grande École d’HEC Paris.
L’initiative s’inscrit dans le cadre de PACT Afrique, le programme d’égalité des chances porté par HEC Paris depuis 2019. Déployé en Côte d’Ivoire, au Cameroun, au Gabon, au Sénégal et au Bénin, ce dispositif revendique plus de 2 800 candidatures, près de 580 étudiants accompagnés et 120 intégrations à HEC Paris ou dans d’autres grandes écoles.
Un parcours d’encadrement à Dakar
Les étudiants sélectionnés bénéficieront d’un renforcement académique, de masterclasses, de séminaires intensifs, d’un accompagnement individualisé pour les admissions internationales et d’un programme de mentorat. L’objectif est de préparer, dès le niveau licence, des profils capables de se présenter dans de bonnes conditions aux processus de sélection les plus exigeants.
Pour Supdeco Dakar, cet accord consolide une position déjà ancienne dans la formation des cadres et entrepreneurs d’Afrique francophone. Fondé il y a plus de 33 ans, le groupe sénégalais dispose d’un ancrage régional, avec des cursus allant du Bachelor au DBA dans le management, la finance, le numérique, le droit, la logistique ou encore l’entrepreneuriat.
La question du retour des talents
Ce partenariat intervient à un moment où les établissements africains cherchent à renforcer leurs passerelles internationales, tandis que les grandes écoles européennes veulent mieux attirer les meilleurs profils du continent. L’enjeu est donc délicat, car il faut ouvrir les portes des formations les plus sélectives, sans transformer cette mobilité en départ définitif.
Les deux partenaires insistent sur ce point. Philippe Oster, directeur des Affaires internationales d’HEC Paris, met en avant des « trajectoires d’impact et de retour », afin que l’excellence académique ne soit pas freinée par le manque d’information ou de ressources financières. Abdoul Aziz Sy, directeur général du Groupe Supdeco Dakar, évoque pour sa part une génération de leaders africains « enracinés dans les réalités du continent ».
La réussite de cette passerelle se mesurera donc dans la durée. Pas seulement au nombre d’étudiants admis dans les grandes écoles, mais aussi à leur capacité à revenir nourrir les entreprises africaines.




