Le Sénégal veut désenclaver les zones agricoles et faciliter l’accès aux marchés


Lecture 3 min.
Le Sénégal veut désenclaver les zones agricoles et faciliter l'accès aux marchés
Route - Photo illustrative

La Banque mondiale a approuvé un second financement additionnel de 140 millions de dollars en faveur du Sénégal pour accélérer le développement des infrastructures routières dans les zones de production agricole du Nord et du Centre. Ce nouvel appui, qui porte l’enveloppe totale du projet à 470,8 millions de dollars, vise à améliorer l’accès aux marchés, aux services sociaux de base et aux opportunités économiques pour près de 570 000 bénéficiaires.

Le Sénégal poursuit sa stratégie de désenclavement de ses principaux bassins agricoles avec le soutien de la Banque mondiale. L’institution financière internationale a annoncé, le 14 juillet, l’approbation d’un second financement additionnel de 119,6 millions d’euros, soit l’équivalent de 140 millions de dollars, dans le cadre du Projet de connectivité des zones de production agricoles dans le Nord et le Centre du Sénégal (PCZA). À cette enveloppe s’ajoute une contribution de 2 millions de dollars de l’État sénégalais.

Ce nouvel engagement porte le financement global du projet à 470,8 millions de dollars. Il intervient après une première phase ayant permis la construction ou la réhabilitation de 414 kilomètres de routes intégrant des normes de résilience climatique, avec l’amélioration de l’accès aux infrastructures et aux services socio-économiques pour environ 350 000 personnes.

Renforcer la connectivité routière dans les zones agricoles du nord et du centre

L’objectif est désormais d’étendre ces acquis à deux corridors qui relient Koussanar à Koumpentoum et Tambacounda à Dianké Makha, des territoires où l’agriculture et l’élevage sont les principales activités économiques. En facilitant l’acheminement des productions agricoles vers les marchés, le projet entend réduire les coûts de transport, limiter les pertes post-récolte et renforcer les revenus des producteurs.

Pour Djibrilla Issa, directeur de division de la Banque mondiale pour le Sénégal, la Mauritanie, le Cap-Vert, la Guinée-Bissau et la Gambie, l’enjeu dépasse largement la seule construction de routes. Selon lui, une meilleure connectivité permet aux agriculteurs de valoriser davantage leurs récoltes, ouvre de nouveaux débouchés aux entrepreneurs ruraux et améliore l’accès des populations aux écoles, aux centres de santé et aux autres services essentiels.

Le projet s’articule autour de trois composantes. La première prévoit la réalisation de 171 kilomètres de routes revêtues et de 104 kilomètres de pistes en latérite, conçues pour résister aux effets du changement climatique. La deuxième concerne la mise en place d’infrastructures communautaires dans un rayon de cinq kilomètres des nouvelles routes. Des plateformes de transformation agricole destinées aux femmes, des espaces de stockage, des marchés, des points d’eau ainsi que des équipements scolaires et sanitaires figurent parmi les investissements prévus.

Enfin, le troisième volet est consacré au renforcement des capacités institutionnelles en matière de sécurité routière et de gestion du patrimoine routier, notamment par la formation des acteurs concernés et l’acquisition d’outils répondant aux standards internationaux.

À terme, environ 221 000 habitants des deux nouveaux corridors devraient bénéficier d’un meilleur accès aux marchés régionaux et aux services essentiels. Le projet ambitionne également de renforcer l’intégration des producteurs ruraux dans des chaînes de valeur agricoles plus performantes, en cohérence avec l’initiative AgriConnect, tout en soutenant les objectifs de la Vision Sénégal 2050 et de la Stratégie nationale de développement 2025-2029.

Casimir Vodjo Kpenou
LIRE LA BIO
Vodjo Kpenou Casimir est un journaliste béninois basé à Cotonou, titulaire d'une licence en journalisme de l'Institut Universitaire Panafricain de Porto-Novo (2019). Il a forgé son expérience dans des rédactions web africaines. Engagé dans la lutte contre la désinformation, il est membre actif de l'African Fact-Checking Alliance et contributeur au réseau Wikipédia pour l'Afrique francophone.
Newsletter Source préférée