Sékou Diakité : « la société civile doit s’approprier le mois de la solidarité »

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La 14e édition du mois dédié à la lutte contre l’exclusion sociale et la pauvreté au Mali s’est achevée ce vendredi. L’événement a été marqué, durant les quatre semaines d’octobre, par des dons et des actions en faveur des personnes âgées, des malades, des personnes à mobilité réduite et de la promotion de l’économie solidaire. Afrik.com a rencontré Sékou Diakité, ministre malien du Développement social, de la Solidarité et des Personnes âgées, qui fait le point sur l’édition de cette année.

Sékou Diakité occupe son poste de ministre depuis octobre 2007. Au moment de sa nomination, il était directeur administratif et financier de l’Agence malienne pour le développement de l’énergie domestique et de l’électrification rurale (Amader). Inspecteur des finances, titulaire d’un master of business Administration (MBA) à l’Université du Québec (Montréal), il a successivement travaillé au ministère du Développement rural et de l’environnement, au ministère de l’Administration territoriale et de la Sécurité, et au Fonds d’appui à la formation professionnelle et à l’apprentissage.

Afrik.com : Quel bilan faites-vous de cette 14e édition du mois de la solidarité et de la lutte contre l’exclusion qui s’achève ?

Sékou Diakité:
Nous n’avons pas, à ce jour, toutes les données pour faire un bilan exhaustif de cette édition. Mais de notre point de vue et des appréciations reçues, nous pouvons dire que le bilan est positif. Le mois a été fructueux en terme d’activités, mais surtout du rappel des grandes valeurs que nous voulons voir renforcer à travers le mois de la solidarité.

Afrik.com : Peut-on dire que le mois de la solidarité a un réel impact sur les populations visées ?

Sékou Diakité:
D’année en année, nous constatons une plus grande mobilisation sociale, les populations se sentent beaucoup plus concernées. Nous constatons aussi une plus forte implication de la société civile, ce n’est plus uniquement une affaire du ministère du Développement social de la Solidarité et des Personnes âgées. Aujourd’hui, la société civile elle-même planifie certaines activités sociales de solidarité qui rentrent dans le cadre de ce mois. A titre d’exemple, les contributions financières de la société civile se sont chiffrées à plus de 500 millions de francs CFA l’année dernière. De l’argent mobilisé vers des activités que la société civile elle-même a identifié et qu’elle exécute. Conséquence: les populations ciblées sont directement touchées. Ceci est très important. Nous pensons d’ailleurs qu’à terme la société civile doit s’approprier totalement le mois de la solidarité.

Afrik.com: Pourquoi avez-vous choisi Malamine Koné pour parrainer l’édition de cette année?

Sékou Diakité:
Malamine Koné est un fils du pays qui œuvre en faveur de son développement. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous l’avons choisi. Chaque année, nous choisissons des personnalités qui ont la notoriété et la capacité de véhiculer des messages de solidarité à travers leurs actions. C’est le cas de Malamine Koné.

new.jpgAfrik.com : Que répondez-vous à ceux qui disent que le mois de la solidarité est juste une occasion pour les plus aisés d’étaler leurs richesses et que les personnes défavorisées sont par la suite laissées aux oubliettes?

Sékou Diakité:
Ceux qui disent cela n’ont certainement pas compris le sens profond du mois de la solidarité et de la lutte contre l’exclusion. Ce mois est d’abord une volonté politique. Les plus hautes autorités de notre pays l’ont voulu comme une forme de rappel de certaines valeurs profondes de notre société. C’est pourquoi chaque année les thèmes de ce mois changent. Celui de cette édition est : « la solidarité pour plus de justice sociale ». C’est en fait un mois pour dire à nos concitoyens que dans le monde d’aujourd’hui marqué par de nombreux défis, la vie chère…, nous ne devons pas perdre nos valeurs sociétales fondementales qui sont : la solidarité, la justice sociale, l’équité, l’entraide… Si au cours de cette période, les gens de bonne volonté viennent poser des actes de solidarité, cela ne peut pas être assimilé à autre chose.
Au-delà de la valeur de ces dons, c’est le geste qui compte. Nous avons entendu dire qu’il y a une trop forte médiatisation autour de cet événement. Justement, la médiatisation de ce genre d’action est importante parce que nous voulons partager un certain nombre de messages avec le maximum possible de nos concitoyens. Je tiens d’ailleurs à remercier les médias pour le travail qu’ils font dans ce sens. Il est important que les gens sachent ce qui se passe dans les différentes régions du pays. Hier (jeudi, ndrl), devant mon poste téléviseur, j’ai appris que l’Ordre des avocats du Mali a organisé des audiences gratuites pour les citoyens maliens dans le cadre du mois de la solidarité. Des citoyens qui n’ont pas les moyens de se payer les services d’un avocat ont bénéficié de leur soutien pour faire prévaloir leurs droits devant un tribunal. C’est formidable !

Afrik.com : En dehors du mois de la solidarité, quelles sont les autres actions du gouvernement pour lutter contre l’exclusion et la pauvreté ?

Sékou Diakité:
L’un des slogans phares de notre département est : « La solidarité ce n’est pas seulement au mois d’octobre ». La solidarité doit être un réflexe de tous les jours. Le mois d’octobre comme je l’ai dit sert à le rappeler à nos concitoyens. Le gouvernement du Mali a une politique nationale de solidarité qui met en avant la promotion et la protection des personnes handicapées, la promotion et la protection des droits des personnes âgées, la protection et l’aide sociale des populations en situation difficile dont les enfants issus de familles très démunies ou de parents atteints du VIH Sida. pendant les douze mois de l’année nous avons mis en place des dispositifs pour alléger les souffrances de toutes ces personnes.

Afrik.com : Quelles évolutions a connu le mois de la solidarité en 14 ans d’existence?

Sékou Diakité:
Nous essayons de faire en sorte qu’à chaque édition qu’il y ait un élément d’innovation. Cette année par exemple, le parrain national, Malamine Koné, a officiellement lancé, à Paris, le mois de la solidarité auprès de la diaspora malienne. Avec le souci de les impliquer encore plus à cette cause. L’autre innovation de cette année, nous avons récompensé des femmes qui se sont montrées exemplaires dans leurs domaines d’activité et ont contribué à leur manière au développement du pays ou aux actions humanitaires ou sociales. Ce 31 octobre 2008, les trophées des initiatives leur ont été décernées.

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