Seizièmes de finale : les Léopards jouent leur va-tout ce mercredi


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Les Léopards de la RDC
Les Léopards de la RDC

L’heure de vérité a sonné pour les Léopards. Ce mercredi, la République démocratique du Congo affronte l’Angleterre en seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026. Face à l’un des favoris du tournoi, les hommes de Sébastien Desabre n’ont rien à perdre, mais tout à gagner. Déjà auteurs d’un parcours historique, ils devront repousser leurs limites pour continuer à faire rêver tout un pays.

Ce mercredi, les Léopards croiseront les crampons avec l’Angleterre menée par Harry Kane dans une rencontre historique pour la RDC qui joue pour la première fois à ce niveau de la compétition mondiale.

Un rendez-vous que la RDC attendait depuis plus d’un demi-siècle

Le football congolais n’avait plus connu une telle émotion depuis 1974. Cinquante-deux ans après leur première participation à une phase finale de coupe du monde, les Léopards sont qualifiés pour les matches à élimination directe avec la ferme intention de prolonger l’aventure. La qualification obtenue au terme du premier tour a déjà marqué l’histoire. Pour la première fois, la RDC a inscrit des buts : 3 contre l’Ouzbékistan, qu’elle a battu, 1 contre le Portugal de Cristiano Ronaldo qu’elle a tenu en échec. Une performance qui a redonné le sourire à tout un peuple, dans un contexte national marqué par des tensions.

Mais cette performance n’a surtout rien à voir avec l’expérience de 1974 où le Zaïre avait encaissé 14 buts sans en mettre un seul. Auréolé de son titre de champion d’Afrique cette année là, le Zaïre, premier pays d’Afrique subsaharienne à participer à une phase finale de coupe du monde, a été successivement battu par l’Ecosse par 2 buts à 0, la Yougoslavie par 9 buts à 0 et enfin le Brésil par 3 buts à 0.

L’histoire est tout autre en 2026. La RDC a marqué les esprits, a écrit son histoire et se trouve aujourd’hui face à l’Angleterre, l’une des plus grandes puissances du football mondial.

Une équipe qui a appris à croire en elle

Depuis son arrivée à la tête des Léopards, Sébastien Desabre a progressivement construit une équipe disciplinée, difficile à manœuvrer et portée par un véritable esprit collectif. Le technicien français refuse d’ailleurs de s’attarder sur la réputation de son adversaire. « Nous nous concentrons sur nos forces pour faire un bon match parce que pour passer, il faudra que nous soyons à notre meilleur niveau », a-t-il expliqué à la veille de la rencontre.

Cette confiance repose sur plusieurs certitudes. Les Léopards affichent une organisation défensive solide, une grande générosité dans l’effort et une capacité à se projeter rapidement vers l’avant. Leur succès face à l’Ouzbékistan (3-1) a également montré qu’ils savent se montrer efficaces lorsqu’ils exploitent les espaces. Autre atout : plusieurs internationaux congolais connaissent parfaitement le football anglais, où certains évoluent ou ont été formés. Une expérience qui pourrait leur permettre de mieux appréhender l’intensité imposée par les Three Lions.

Un défi immense face à l’un des favoris

Si la RDC nourrit des ambitions, elle sait aussi que le défi est colossal. L’Angleterre possède l’un des effectifs les plus riches de la compétition. Emmenée par Harry Kane, Jude Bellingham, Declan Rice ou encore Bukayo Saka, elle combine puissance physique, maîtrise technique et profondeur de banc. Les Three Lions excellent dans les transitions rapides, le jeu aérien et l’efficacité sur coups de pied arrêtés, des secteurs où les Congolais devront faire preuve d’une vigilance de tous les instants. La moindre approximation pourrait coûter cher à cette étape de la compétition.

Pour espérer créer l’exploit, les Léopards devront répondre à plusieurs exigences. Ils devront d’abord conserver la rigueur défensive qui a fait leur force depuis le début du tournoi, sans subir pendant quatre-vingt-dix minutes. Face à une équipe anglaise capable de monopoliser le ballon, il faudra accepter de défendre tout en restant capable de ressortir proprement. L’efficacité offensive constituera également un facteur décisif. Les occasions seront probablement rares. Il faudra les convertir.

De même, la maîtrise émotionnelle sera tout aussi importante. Pour beaucoup de joueurs congolais, il s’agit du plus grand match de leur carrière. L’enjeu ne devra pas prendre le dessus sur le jeu. Enfin, la condition physique pourrait faire la différence dans cette rencontre où l’intensité s’annonce particulièrement élevée.

Une pression qui change de camp

Sur le papier, l’Angleterre est largement favorite. Mais ce statut peut aussi devenir un fardeau. Les Léopards, eux, avancent avec une certaine liberté. Ils ont déjà dépassé les attentes et n’ont rien à perdre. Cette position d’outsider pourrait leur permettre de jouer avec davantage d’audace. Quelle que soit l’issue de la rencontre, cette génération a déjà redonné une nouvelle dimension au football congolais. Mais qui voudrait s’arrêter en si bon chemin dans une compétition aussi prestigieuse qu’une coupe du monde ? Sans doute, la RDC donnera tout ce dont elle est capable pour poursuivre l’aventure.

Face aux Three Lions, les Léopards joueront leur va-tout. Surtout que deux des neuf représentants du continent aux seizièmes de finale ont déjà courbé l’échine devant leur adversaire : l’Afrique du Sud assommée dans les dernières minutes par le Canada et la Côte d’Ivoire achevée également en toute fin de match par la Norvège d’Erling Haaland. Le défi est certes grand, mais il n’est pas impossible à relever.

Serge Ouitona
Serge Ouitona, historien, journaliste et spécialiste des questions socio-politiques et économiques en Afrique subsaharienne.
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