Séisme au Maroc : les villages enfin secourus

Trois jours après le séisme qui a causé la mort d’au moins 571 personnes, dans le nord-est du Maroc, les secours ont commencé vendredi à distribuer l’aide internationale dans les communes les plus touchées. Mais le ministre de la Communication a annoncé, le jour même, que le pays avait besoin d’un grand nombre de tentes, le bien le plus recherché alors que les sinistrés continuent de dormir dehors.

Les victimes reculées du séisme qui a frappé le nord-est du Maroc, mardi dernier, étaient des milliers à manifester jeudi contre la lenteur des secours. Vendredi, elles ont vu arriver les premiers camions d’aide internationale depuis la catastrophe, qui a causé la mort d’au moins 571 personnes. Un chiffre contesté par les habitants de ces communes rurales éloignées, les plus touchées en raison de leur architecture fragile. Exaspérés par trois jours d’attente interminables, les villageois ont par endroit intercepté et vidé les camions d’aide alimentaire et matérielle. Vendredi, au moment où les convois se déployaient dans l’arrière pays, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Nabil Benabdellah, a annoncé que les 3 000 tentes reçues de la communauté internationale avaient été distribuées. Bien loin du compte, a-t-il reconnu. La Croix-Rouge estime à 30 000 personnes le nombre de sinistrés qui ont absolument besoin d’un abri pour la nuit.

Les sinistrés ont besoin de tentes

L’Algérie voisine, frappée par un tremblement de terre qui a fait plus de 2 200 morts, en mai dernier, avait rencontré les mêmes difficultés pour s’approvisionner en tentes. Les victimes marocaines qui ont vu leurs maisons détruites dorment dehors depuis trois nuits. Même dans la plus grande ville de la région, Al-Hoceïma (70 000 habitants), où le séisme n’a pas causé d’importants dégâts, la population refuse de rentrer chez elle. Les répliques qui ont secoué la région du Rif, depuis mardi, lui donnent raison. Outre les deux cents secousses imperceptibles enregistrées par les sismologues, la province d’Al-Hoceïma a été touchée par trois fortes répliques mesurées à plus de 5 degrés sur l’échelle de Richter. Deux d’entre elles ont été enregistrées mercredi, à l’aube et à la mi-journée, et l’autre aux environs d’une heure, dans la nuit de jeudi à vendredi. Des séismes qui provoquent à chaque fois l’effondrement d’autres habitations.

Outre la distribution des 3 000 tentes, le ministre de la Communication a annoncé l’installation de huit grands bivouacs. Il a tenu à préciser que les populations rechignaient à s’y installer, car elles préfèrent l’intimité d’une tente de 7-8 places, où elles peuvent se retrouver en famille. « Les besoins en matière d’abris, tentes, couvertures, matelas … sont importants », confirme la Croix-Rouge dans un communiqué. Mais « nous avons besoin d’argent, pas de choses en nature, car cela nous reviendrait plus cher de trier, de stocker et de conditionner ces objets que de les acheter », explique la porte-parole de l’organisation humanitaire.

Mohamed VI attendu samedi à AL Hoceïma

En ce qui concerne les accusations de lenteur portés contre les services de secours, le Roi Mohammed VI a donné mercredi des « instructions pour accélérer les opérations », selon l’Agence de presse marocaine Map. « C’est vrai que les débuts ont été chaotiques. On manquait de moyens, mais ça s’améliore », a expliqué jeudi le représentant du ministre de l’Intérieur, dont les propos sont rapportés par Le Monde. Pour sa part, le Colonel Henri Benedetti, chargé de la coordination des secours européens, a estimé que le délai pour mettre les secours en œuvre était « normal », après un tel séisme. Surtout dans cette région montagneuse du Rif. Le souverain marocain, qui a gagné le port de Tanger dès mardi, « pour être proche de ses sujets et suivre les opérations de secours », était attendu vendredi à Al-Hoceïma. Son déplacement a été reporté à samedi, annonce l’agence AP. Il serait prévu que le roi bivouac dans la ville, d’où il suivra l’évolution des secours.

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