Le Maroc frappé par un séisme

Un violent séisme a frappé la côte marocaine à l’Est de Tanger, dans la nuit de lundi à mardi, faisant 229 morts selon un bilan appelé à augmenter. La principale ville de cette région du Rif, Al-Hoceima, n’a pas subi d’importants dégâts, mais certaines communes rurales constituées d’habitations en briques crues ont été partiellement détruites.

Un séisme d’une magnitude de 6,1 sur l’échelle de Richter, selon l’Institut géographique national espagnol, a frappé la côte nord du Maroc dans la nuit de lundi à mardi (vers 2h30 TU), faisant au moins 229 morts. Un chiffre malheureusement appelé à augmenter. « C’est une catastrophe. Ici, il y a des centaines de morts », se désole un pompier de la province côtière d’Al-Hoceima (300 Km à l’est de Tanger), la plus touchée par le séisme. Les dégâts sont limités dans la ville même d’Al-Hoceima, qui compte près de 70 000 habitants. Mais 14 Km plus au sud, le village d’Aït-Kamara a été complètement détruit, indiquent les secours, cités par l’Agence Maghreb Arab Press (Map). Bien que les sauveteurs n’aient pour l’essentiel décelé que « des fissures », à Al-Hoceima, « la perle de la Méditerranée », de nombreux « habitants ont peur de rentrer chez eux, notamment parce qu’ils craignent de subir une réplique », explique le pompier.

Les différents instituts géologiques internationaux ne s’accordent pas sur le degré du séisme, ni sur son épicentre. L’Institut géographique national espagnol évoque une secousse de 6,1 degrés, située à une quinzaine de kilomètres au sud-ouest de la ville de Al-Hoceima, alors que l’Agence géologique américaine localise la secousse de 6,5 degrés à 800 mètres de profondeur en Mer Méditerranée. Pour sa part, le Laboratoire de géophysique du Centre marocain pour la recherche scientifique et technique la place dans la commune d’Aït-Kamara.

« Les maisons en terre sont tombées »

Pour expliquer la différence de dégâts entre les localités d’Al-Hoceima et d’Aït-Kamara, distantes d’à peine 14 km, un porte-parole de la Protection civile explique que les habitations de ce dernier village sont « pour la plupart faîtes de briques crues ». Le pompier joint par téléphone confirme que « ce sont les maisons en terre qui sont tombées ». A Aït-Kamara, comme dans d’autres communes rurales de la région du Rif, telles Imzouren ou Bni Hadifa, citées par Libération.

Selon la Map, outre la protection civile et les pompiers, les autorités marocaines ont dépêché des éléments des forces armées, de la gendarmerie et de la marine royale, appuyés par des hélicoptères, sur les lieux du drame. La Fondation Mohammed V a mobilisé une équipe médicale et deux avions chargés de tentes, de couvertures, et de 20 tonnes de produits alimentaires. L’hôpital Mohammed V d’Al-Hoceima est débordé, selon l’AFP, et les blessés qui arrivent par centaines ont été dirigés vers une caserne. La Belgique a proposé son aide au Maroc, mais nous ne savons pas à l’heure actuelle si le pays réclamera l’aide de la communauté internationale. Les services d’urgence et les pompiers de l’enclave espagnole de Melilla, située à 12 km de Nador, indiquaient tôt mardi matin qu’ils n’avaient pas été sollicités.