Sarkozy, camelot de l’ « Union méditerranéenne » au Maghreb

Le président Nicolas Sarkozy effectue, ce mardi, son premier déplacement hors d’Europe au Maghreb. Il entend défendre l’idée d’une « Union méditerranéenne ». Des résultats concrets permettraient de réchauffer les relations franco-algériennes, tendues depuis 2 ans. C’est en tout cas l’objectif affiché.

Pour son premier voyage hors d’Europe depuis son élection, Nicolas Sarkozy n’entend pas déroger à son image « d’homme d’action ». Le chef d’Etat français attend des avancées tangibles de ses entretiens prévus mardi à Alger et Tunis. Il viendra notamment défendre son projet d’ « Union méditerranéenne » auprès des présidents Bouteflika et Ben Ali. Le programme prévoyait initialement une visite au Maroc qui a été annulée à la demande des autorités marocaines.

Ce déplacement intervient alors que les relations avec l’Algérie ne sont pas au mieux depuis la polémique sur le « rôle positif » de la colonisation (L’article 4 de la loi du 23 février 2005 avait déclenché de vives protestations dans les DOM-TOM et en Algérie avant d’être retiré en 2006). Un incident qui a reporté sine die la signature du traité d’Amitié entre Paris et Alger, voulu en 2005 par Jacques Chirac. En 2006, Abdelaziz Bouteflika adressait en retour une déclaration sans équivoque aux autorités françaises en déclarant que les 130 ans de présence coloniale en Algérie avaient été une « des formes de colonisation les plus barbares ».

Des réalisations concrètes pour des solidarités de fait

Un traité d’Amitié qui n’est pas une priorité pour le chef de l’Etat français. La logique est celle « des réalisations concrètes » pour « créer des solidarités de fait », a expliqué David Martinon, porte-parole de l’Elysée. Une volonté d’agir qui pourra s’appuyer sur des liens commerciaux historiquement importants puisque la France demeure le premier partenaire de l’Algérie – ainsi que de la Tunisie – et que les investissements français y sont en forte croissance.

L’idée d’une « Union méditerranéenne » est en revanche une innovation chère au président Sarkozy. Elle aurait le double avantage de consolider les liens qui unissent la France aux pays d’Afrique du nord et d’intégrer des pays, comme la Turquie, qui n’ont pas, selon le chef de l’Etat français, vocation à intégrer l’Union européenne. Ce projet « a reçu un écho très favorable chez tous nos partenaires méditerranéens et tout particulièrement dans les pays du Maghreb », a indiqué l’Elysée. Pour autant, « le président Sarkozy ne se rend pas au Maghreb avec un projet tout fait, qui serait à prendre ou à laisser », a précisé le porte parole du président.

Un écho très favorable au Maghreb

La coopération économique, le développement durable, la gestion des migrations et la lutte contre le terrorisme figureront notamment au menu des discussions. Nicolas Sarkozy devrait par exemple évoquer la possibilité d’un rapprochement de Gaz de France avec l’entreprise publique algérienne d’hydrocarbures Sonatrach, ainsi que la question nucléaire civil. Le président français entend offrir au Maghreb la possibilité d’une coopération avec la France pour que l’énergie nucléaire ne demeure pas le monopole de quelques pays industrialisés. Aucun contrat ne devrait cependant être signé durant ce voyage.

Nicolas Sarkozy sera accompagné pour l’occasion par le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, et la secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme, Rama Yade. L’Elysée a d’ailleurs juré qu’ « aucun sujet ne serait tabou » et que les droits de l’homme seraient certainement abordés avec le président Ben Ali. Avec du concret à la clé ? Espérons le en tout cas.

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Photo : Nicolas Sarkozy et le président Bouteflika en 2004