Salon Metal Steel & Mining Algeria 2026 : 250 exposants attendus à Alger pour la 4e édition


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Salon Metal Steel & Mining Algeria 2026
Salon Metal Steel & Mining Algeria 2026

Du 30 mars au 1er avril 2026, la 4e édition du Metal Steel & Mining Algeria Expo s’installe au Palais des Expositions de la SAFEX à Alger. Avec 250 exposants, dont 150 internationaux, et près de 5 000 visiteurs professionnels attendus, le salon de la sidérurgie, de la métallurgie et des mines confirme sa montée en puissance, dans un contexte où l’Algérie accélère sa diversification économique hors hydrocarbures.

Un salon Salon Metal Steel & Mining Algeria en croissance constante

Organisé par Stall Expo Event, le Metal Steel & Mining Algeria Expo a connu une progression rapide depuis ses débuts. La 2e édition, en 2023, avait rassemblé une centaine d’exposants sous le thème « Les clés de l’avenir métallique ». La 3e édition, tenue en mars 2024 avec la Chine comme invitée d’honneur, a franchi le cap des 190 entreprises. Cette 4e édition franchit un nouveau palier avec 250 exposants issus d’une quinzaine de pays, parmi lesquels la Chine, l’Italie, la Turquie, l’Inde, ainsi que des partenaires régionaux comme la Libye, la Tunisie et le Niger.

La présence d’organisations de référence comme la World Steel Association et du groupe minier public algérien Sonarem illustre l’ambition du salon à devenir un rendez-vous stratégique de premier plan. « Notre mission est de réunir les leaders technologiques, les investisseurs et les décideurs publics pour stimuler la croissance du secteur, promouvoir le contenu local et encourager l’exportation de produits miniers transformés », indiquent les organisateurs sur le site officiel du salon.

Gara Djebilet : le mégaprojet qui change la donne

Le salon s’inscrit dans un contexte particulièrement porteur pour l’industrie lourde algérienne. Le projet phare est l’exploitation du gisement de fer géant de Gara Djebilet, dans la wilaya de Tindouf, dont les réserves sont estimées à 3,5 milliards de tonnes – les deuxièmes au monde, derrière l’Australie.

Le 1er février 2026, le président Abdelmadjid Tebboune a inauguré la ligne ferroviaire de 950 kilomètres reliant Gara Djebilet à Béchar, construite en vingt mois par le groupement chinois CRCC et des entreprises algériennes. Vingt-quatre convois miniers doivent y circuler quotidiennement. Le chef de l’État a qualifié cette ligne de l’un des « plus grands projets stratégiques de l’histoire de l’Algérie indépendante ».

La première unité de traitement primaire du minerai, d’une capacité de 4 millions de tonnes par an, doit être opérationnelle fin avril 2026, selon Belkacem Soltani, PDG de Sonarem, cité par l’APS. L’objectif est d’atteindre 12 millions de tonnes par an d’ici 2030, puis 50 millions de tonnes à terme. Le complexe sidérurgique Tosyali, à Oran, a déjà réceptionné la première cargaison de minerai acheminée par la nouvelle ligne. Le groupe turc prévoit également de construire, en partenariat avec Sonarem, une usine de traitement du minerai à Béchar, d’une capacité de 4 millions de tonnes, dont la livraison est annoncée pour décembre 2028.

Tosyali et AQS : les géants de l’acier algérien montent en puissance

Les deux principaux complexes sidérurgiques du pays, Tosyali Algérie à Oran (Bethioua) et Algerian Qatari Steel (AQS) à Bellara (Jijel), sont au cœur de cette dynamique. Tosyali, plus grand producteur de fer et d’acier du pays, a établi en 2025 un nouveau record mondial de production de fer de réduction directe (DRI), avec 2,43 millions de tonnes produites sur un seul module, selon son partenaire technologique Midrex Technologies. La capacité totale du complexe doit passer de 6 à 8 millions de tonnes par an d’ici 2026, avec la mise en service d’une unité de laminage à froid destinée notamment à l’industrie automobile et à l’électroménager. Ses produits sont désormais exportés vers une cinquantaine de pays.

De son côté, AQS, joint-venture algéro-qatarie (2 millions de tonnes par an), a lancé un processus d’extension visant à diversifier sa production et à renforcer ses exportations. Le complexe de Bellara avait déjà dépassé 300 millions de dollars d’exportations en 2023.

L’acier vert, ambition phare de la transition énergétique

La décarbonation de l’industrie lourde figure parmi les thématiques centrales de cette 4e édition. Le 24 juin 2025, Sonatrach, l’américain Hecate Energy Global Renewables et Tosyali Algérie ont signé un protocole d’entente à Oran, lors des 12e Journées scientifiques et techniques de Sonatrach, pour le développement d’un projet intégré de production d’hydrogène vert à partir d’énergies renouvelables, destiné à la fabrication d’« acier vert ». Un second protocole impliquant également Sonelgaz est attendu pour la mise en œuvre opérationnelle du projet.

Fuat Tosyali, président du conseil d’administration de Tosyali Holding, a déclaré que la nouvelle unité DRI du complexe d’Oran est déjà conçue pour fonctionner, après modification, à 100 % d’hydrogène. « Cette avancée confirme l’efficacité de notre stratégie d’investissement axée sur la durabilité et la flexibilité », a-t-il souligné. Si les études de faisabilité sont concluantes, ce partenariat pourrait aboutir à la première production industrielle d’hydrogène vert dédié à la sidérurgie en Afrique du Nord.

Phosphates, zinc et lithium : les autres fronts miniers

Au-delà du fer, le salon met en lumière d’autres projets miniers structurants. Le projet intégré de phosphate de Tébessa, dans l’est du pays, vise une production de plus de 4 millions de tonnes par an d’engrais phosphatés et azotés. Les études techniques, réalisées par des entreprises italienne et allemande, seront achevées fin 2026 pour un démarrage de la construction dans la foulée, selon le PDG de Sonarem.

Le gisement de zinc et de plomb d’Oued Amizour (Béjaïa), estimé à 34 millions de tonnes, est également en cours de finalisation, avec une production annuelle attendue de 170 000 tonnes de concentrés de zinc et 30 000 tonnes de plomb. Des recherches sont par ailleurs en cours dans le Hoggar et à In Guezzam pour évaluer les réserves de lithium du pays, un métal stratégique pour les batteries électriques.

L’Algérie, un hub sidérurgique africain et méditerranéen ?

Le salon Metal Steel & Mining Algeria Expo 2026 s’inscrit dans une stratégie de diversification économique ambitieuse. Selon le ministère de l’Énergie et des Mines, l’exploitation de Gara Djebilet pourrait permettre à l’Algérie d’économiser 2 milliards de dollars par an en importations de fer et de basculer vers l’exportation. Les capacités sidérurgiques installées dans le pays atteignent déjà environ 7 millions de tonnes par an, réparties entre Tosyali (57 %), AQS (29 %) et Sider El-Hadjar (14 %).

Tosyali exporte déjà vers 50 pays, dont l’Europe, l’Afrique de l’Ouest, l’Amérique du Nord et l’Amérique latine, et vise 2,2 milliards de dollars d’exportation en 2026. AQS a signé des contrats en Afrique du Sud, en Tunisie et en Italie. Le positionnement géographique de l’Algérie, à la charnière entre la Méditerranée et le continent africain, renforce cette ambition. Mais des défis subsistent : le traitement de la forte teneur en phosphore du minerai de Gara Djebilet (0,8 %, contre un taux toléré de 0,03 %), les besoins en protection tarifaire pour les producteurs locaux d’acier plat, et la nécessité d’attirer davantage de partenaires africains au salon pour justifier pleinement l’ambition continentale affichée.

Le Metal Steel & Mining Algeria Expo 2026 se tient du 30 mars au 1er avril au Palais des Expositions SAFEX, Pins Maritimes, Alger.

Criss Bailly
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Criss Bailly est un journaliste collaborant avec afrik.com, où il couvre une large palette de sujets allant de la politique à la culture, en passant par la santé et la société. Ses articles abordent des thématiques variées, telles que la responsabilité sociétale des entreprises en Afrique, la situation épidémiologique du Covid-19 au Gabon, ou encore des enquêtes sur des scandales internationaux impliquant des figures publiques. Il met également en lumière des figures marquantes du continent, comme l’écrivain Serge Bilé ou la chanteuse Dobet Gnahoré, à travers des interviews et des analyses approfondies. Son travail reflète un engagement à décrypter les dynamiques africaines contemporaines, tout en donnant une voix aux acteurs influents du continent.
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