
Le port d’Alger a franchi en 2025 le cap du million de conteneurs traités, contre 700 000 un an plus tôt. Une performance qui confirme les effets de la modernisation engagée, mais qui ouvre désormais une autre question : comment maintenir ce rythme en 2026, alors que les premiers mois de l’année marquent un léger ralentissement ?
Le port d’Alger a signé en 2025 une performance inédite. Avec un million de conteneurs traités sur l’année, contre 700 000 en 2024, la principale plateforme portuaire du pays affiche une progression de plus de 40 %. Derrière ce chiffre, une hausse du trafic, des efforts d’organisation et une montée en capacité d’une infrastructure centrale pour l’économie nationale.
L’annonce, faite par Abdelhamid Boualam, directeur général de l’Entreprise portuaire d’Alger, confirme le rôle majeur du port dans les échanges commerciaux du pays. L’activité maritime a également progressé côté navires, avec plus de 2 000 bateaux traités en 2025, contre 1 600 l’année précédente. Cette hausse reflète une meilleure capacité d’accueil, mais aussi une pression accrue sur les installations, les zones de stockage et les circuits de sortie des marchandises.
Le record du million de conteneurs n’est cependant pas un point d’arrivée. Pour Alger, l’enjeu consiste désormais à transformer cette performance en tendance durable. Car derrière le volume, la vraie performance se joue sur la fluidité, la rapidité des opérations et la fiabilité des procédurespour absorber les pics d’activité sans créer de congestion.
Après le record, le défi de la régularité
La progression enregistrée en 2025 s’appuie d’abord sur la modernisation des infrastructures. Plusieurs quais ont été réhabilités afin d’améliorer les conditions d’accueil des navires et d’accompagner la hausse du trafic conteneurisé. Les espaces logistiques et les zones de stockage font également partie des chantiers déterminants, dans un contexte où chaque retard peut se répercuter sur toute la chaîne d’approvisionnement.
Cette amélioration était indispensable. Le port d’Alger reste un point d’entrée essentiel pour les marchandises destinées au marché national. Sa performance a donc un impact direct sur les entreprises, les importateurs, les distributeurs et, plus largement, sur l’approvisionnement du pays. À l’approche des périodes de forte demande, comme l’Aïd el-Adha, cette fonction devient encore plus sensible, notamment lorsque les opérations concernent des produits stratégiques ou des importations de bétail.
Mais les premiers mois affichent un léger recul des volumes traités. Ce ralentissement ne remet pas en cause le record de 2025, mais il rappelle que la progression d’un port dépend de nombreux facteurs : conjoncture commerciale, volumes d’importation, rythme des exportations, disponibilité des navires, efficacité douanière et fluidité des transports terrestres.
C’est précisément là que se joue le cap 2026. Le port d’Alger doit éviter que le record de 2025 ne reste un pic isolé. Pour confirmer sa progression, il devra maintenir un niveau élevé de service tout en réduisant les délais de traitement. La capacité à gérer les flux en temps réel, à limiter les immobilisations et à mieux coordonner les acteurs portuaires sera décisive.
La numérisation comme test de compétitivité
La modernisation du port implique désormais une numérisation des procédures. Elle doit permettre de mieux suivre les marchandises, de simplifier les démarches administratives, de réduire les temps d’attente et d’améliorer la traçabilité. Dans le commerce maritime, la performance se joue autant dans les systèmes d’information que sur les docks.
Pour les opérateurs économiques, un conteneur qui sort plus vite du port, c’est moins de coûts, moins d’incertitude et une meilleure visibilité sur les délais. À l’inverse, un engorgement prolongé peut peser sur les prix, perturber les chaînes de distribution et réduire l’attractivité d’une plateforme portuaire.
Le port d’Alger se trouve donc à un moment charnière. Le million de conteneurs traité en 2025 donne une image positive de sa montée en puissance. Mais 2026 dira si cette performance peut s’inscrire dans la durée. Pour cela, il faudra consolider les investissements, poursuivre la réhabilitation des infrastructures, accélérer la digitalisation et renforcer la coordination entre port, douanes, transporteurs et opérateurs privés.
L’ambition est aussi nationale. Dans un pays qui cherche à diversifier son économie et à développer ses exportations hors hydrocarbures, la qualité des infrastructures portuaires devient un facteur stratégique. Un port plus fluide, plus rapide et plus prévisible peut soutenir les échanges extérieurs et améliorer la compétitivité des entreprises algériennes.
Le record de 2025 marque un tournant. Il inaugure surtout une nouvelle phase : la confirmation. Le port d’Alger a franchi le cap du million de conteneurs. Il doit maintenant montrer qu’il peut le tenir, l’organiser et en faire un levier durable pour l’économie nationale.




