
La Marine royale marocaine a secouru jeudi 117 migrants ouest-africains à bord d’une pirogue partie de Gambie à destination des îles Canaries. Le groupe comptait 84 Gambiens, 24 Sierra-Léonais, sept Sénégalais et deux Maliens. Cette opération intervient après plusieurs interceptions d’embarcations parties de Gambie dans les eaux situées au large du Maroc.
La Marine royale marocaine a intercepté, hier jeudi 3 septembre 2026, une pirogue transportant 117 migrants ouest-africains qui se dirigeaient vers les îles Canaries, en Espagne. Selon les autorités marocaines rapportées par l’Agence de presse sénégalaise (APS), les passagers étaient composés de 84 Gambiens, 24 Sierra-Léonais, sept Sénégalais et deux Maliens. Les premiers éléments de l’enquête indiquent que l’embarcation aurait quitté les côtes gambiennes dans la nuit du 26 au 27 août.
Une succession d’interceptions au large de Dakhla
Cette opération porte à plusieurs centaines le nombre de migrants interceptés récemment sur cette route maritime. Les autorités marocaines ont également annoncé, le 30 août, l’arraisonnement au large de Dakhla d’une autre pirogue transportant 201 personnes. Cette embarcation avait quitté la Gambie et se dirigeait elle aussi vers les Canaries. Elle comptait 144 Guinéens, 21 Gambiens, 18 Sénégalais, 11 Ivoiriens et cinq Maliens.
Parmi les 201 personnes interceptées le 29 août figuraient deux femmes et un enfant de nationalité sénégalaise. La pirogue avait été arraisonnée à environ 185 kilomètres au sud-ouest de Dakhla par des unités de la Marine royale marocaine. Les migrants avaient ensuite été conduits au village de pêche de Roc-Chico, situé à environ 190 kilomètres au sud-ouest de Dakhla, après avoir reçu des soins à bord. Ils ont été remis à la Gendarmerie royale pour les procédures administratives.
251 Sénégalais se trouvaient dans les centres d’accueil
Quelques jours avant cette interception, une troisième embarcation partie de Gambie avait été interceptée avec 193 candidats à l’émigration irrégulière, dont 75 Sénégalais, selon une source diplomatique citée par l’APS. Les opérations concernant les pirogues de 201 et de 193 passagers avaient ainsi porté sur 394 personnes, dont au moins 93 Sénégalais. Le consulat général du Sénégal à Dakhla avait annoncé une mission d’identification des ressortissants sénégalais concernés.
Le consulat sénégalais avait également indiqué que 251 Sénégalais se trouvaient dans les centres d’accueil de Bir-Guindouz et d’Argoub dans l’attente d’un retour volontaire au Sénégal. Pour les retours par voie terrestre, une autorisation de transit de la Mauritanie était nécessaire. Le consulat général et l’ambassade du Sénégal au Maroc travaillaient parallèlement avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) sur la possibilité d’un rapatriement par voie aérienne.
Des départs depuis la Gambie vers les Canaries
Les trois embarcations interceptées par les autorités marocaines en quelques jours avaient pour point de départ la Gambie et pour destination les îles Canaries. La nouvelle opération portant sur 117 migrants concerne ainsi une route maritime déjà empruntée par plusieurs embarcations interceptées dans la même période.
Le 27 août, les autorités mauritaniennes avaient également intercepté une embarcation partie de Banjul, la capitale gambienne, avec 161 migrants à bord, dont 17 enfants. Les passagers étaient notamment originaires du Sénégal, de la Guinée et de la Gambie et se dirigeaient vers les îles Canaries. Ces opérations ont été signalées alors que plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et les autorités marocaines renforcent les opérations de contrôle des embarcations de migrants.
72 000 personnes arrivées à Ceuta fin juillet
Ces interceptions interviennent également après un épisode migratoire exceptionnel à Ceuta, enclave espagnole située sur la côte nord du Maroc. Les 30 et 31 juillet, près de 72 000 personnes ont franchi la frontière entre le Maroc et Ceuta, selon les chiffres communiqués par le ministère espagnol de l’Intérieur. La grande majorité d’entre elles, environ 70 000 selon les autorités espagnoles, étaient reparties vers le Maroc dès le lendemain.
L’afflux de juillet a concerné principalement des personnes venues de la ville marocaine de Fnideq, située à proximité de Ceuta. L’enclave espagnole compte environ 83 000 habitants. Les arrivées des 30 et 31 juillet ont donc représenté, en quelques heures, un nombre de personnes proche de la population habituelle de la ville.
Contrôles renforcés autour de l’enclave espagnole
Après cet épisode, les autorités marocaines ont renforcé leur dispositif de contrôle autour de Ceuta. Les opérations de surveillance concernent notamment les tentatives de franchissement de la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole. L’Espagne a également sollicité un soutien supplémentaire de Frontex, l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes. Cette demande intervient dans le cadre des opérations d’enregistrement et d’identification des personnes présentes à Ceuta après l’afflux de juillet.
La nouvelle interception de 117 migrants au large du Maroc intervient ainsi dans une série d’opérations menées sur les routes migratoires reliant l’Afrique de l’Ouest à l’Espagne. Avec les 201 migrants interceptés le 29 août et les 193 personnes arrêtées quelques jours auparavant, plusieurs centaines de candidats à l’émigration ayant quitté la Gambie ont été interceptés en mer ou pris en charge par les autorités marocaines au cours des derniers jours.



