Safran au Maroc : plus de 630 millions d’euros d’investissements pour faire du Royaume un géant de l’aéronautique mondiale


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Train d'atterrissage Safran
Train d'atterrissage Safran

En l’espace de quatre mois, le motoriste français a annoncé trois projets industriels majeurs à Nouaceur, près de Casablanca : un atelier de maintenance, une ligne d’assemblage de moteurs LEAP et, depuis le 13 février, une usine de trains d’atterrissage. Au total, Safran prévoit de créer plus de 2 500 emplois au Maroc d’ici 2030.

Le coup d’accélérateur a été donné le 13 octobre 2025. En présence du Roi Mohammed VI et du Prince Moulay El Hassan, Safran a présenté le lancement des travaux d’un complexe industriel dans la zone aéroportuaire de Casablanca, comprenant un atelier MRO (maintenance, réparation et révision) dédié aux moteurs LEAP et une ligne d’assemblage du LEAP-1A, le moteur qui équipe l’Airbus A320neo.

Un complexe moteurs LEAP de 350 millions d’euros lancé en octobre

Les chiffres donnent la mesure de l’ambition. L’atelier MRO disposera d’une surface de 25 000 m² et d’une capacité de 150 moteurs par an, pour un investissement d’environ 120 millions d’euros. La ligne d’assemblage, elle, occupera 13 000 m², sera capable de produire jusqu’à 350 moteurs LEAP-1A par an et représente un investissement de 200 millions d’euros. L’ensemble sera opérationnel fin 2027, générera plus de 2 000 recrutements en cinq ans et s’inscrit dans la montée en cadence de CFM International, la coentreprise entre Safran et GE Aerospace, qui vise un rythme de production d’environ 2 500 moteurs LEAP par an à partir de 2028.

Ce site casablancais viendra compléter les capacités d’assemblage existantes à Villaroche, en France, et répondre aux tensions persistantes sur les chaînes d’approvisionnement qui retardent les livraisons d’Airbus et de Boeing à l’échelle mondiale.

Trains d’atterrissage : 280 millions d’euros supplémentaires annoncés le 13 février

Quatre mois plus tard, nouvelle étape. Le 13 février 2026, toujours en présence de Mohammed VI et du Prince Moulay El Hassan, Safran a présenté un investissement de 280 millions d’euros pour la construction d’une usine de trains d’atterrissage à Nouaceur où se situe déjà le constructeur Bombardier, opérée par Safran Landing Systems. Le projet, présenté au Palais royal de Casablanca, a donné lieu à la signature d’un protocole d’accord entre Ross McInnes, président du conseil d’administration de Safran, et les ministres Ryad Mezzour (Industrie) et Karim Zidane (Investissement).

Le site, d’une superficie de 26 000 m², sera dédié à la famille Airbus A320 et couvrira l’usinage de précision, l’assemblage, les essais et la certification. Il s’étendra sur plus de sept hectares et devrait créer 500 emplois directs. Safran le présente comme l’un de ses plus grands centres mondiaux de fabrication de systèmes d’atterrissage, faisant du Maroc le sixième pays à accueillir un site industriel de Safran Landing Systems. En outre, le site fonctionnera intégralement à l’énergie décarbonée.

En cumulé, Safran aura engagé plus de 630 millions d’euros d’investissements au Maroc entre 2025 et 2027. Présent dans le Royaume depuis 1999, le groupe y emploie déjà plus de 4 800 salariés sur dix sites. Avec ces nouveaux projets, le motoriste français confirme la stratégie résumée par Ross McInnes : Safran ne produit pas « au Maroc », mais « avec le Maroc ».

Ali Attar
Ali Attar est un spécialiste reconnu de l'actualité du Maghreb. Ses analyses politiques, sa connaissance des réseaux, en font une référence de l'actualité de la région.
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