Reprise de l’octroi des permis miniers à Madagascar


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Des mines
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Après seize ans de suspension, les autorités malgaches ont annoncé le 29 janvier 2026 la levée du moratoire sur la délivrance de nouveaux permis miniers. Cette décision historique, qui exclut toutefois l’or, vise à relancer l’investissement dans un secteur stratégique pour l’économie nationale, tout en renforçant la transparence et la gouvernance.

En 2010, en pleine transition politique à Madagascar, le ministère des Mines avait annoncé une suspension de l’octroi des permis miniers en raison de la spéculation sur les titres miniers. Selon le dernier rapport de l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE) publié fin 2025, quelque 1 650 demandes d’octroi restaient en attente auprès de l’administration minière.

Un cadre réglementaire assaini

Tenant compte de l’assainissement du cadastre minier et de l’adoption du nouveau code minier (loi n°2023-007, promulguée le 27 juillet 2024), le conseil des ministres a approuvé la reprise de l’octroi des permis miniers, à l’exception de ceux concernant l’or. Cette décision met un terme à seize années de gel, sans toutefois préciser le calendrier d’apurement des demandes en attente.

« Le permis minier est un outil de travail essentiel qui permet aux opérateurs et aux investisseurs d’opérer en toute légalité. C’est pourquoi nous avons décidé de lever la suspension de la délivrance des permis », a déclaré Carl Andriamparany, ministre des Mines et des Ressources stratégiques, lors d’une conférence de presse.

la reprise de l’octroi des permis miniers devrait permettre d’accroître ces recettes grâce à l’arrivée de nouveaux investisseurs et à l’apurement des 1 650 demandes en attente. L’administration minière indique compter au moins une dizaine de sociétés minières souhaitant développer des projets d’envergure à Madagascar, ce qui laisse présager des retombées fiscales et économiques substantielles à moyen terme. Cependant, aucun chiffre précis sur les recettes additionnelles espérées n’a été communiqué par le gouvernement lors de l’annonce.

L’or, un secteur encore sensible

Le maintien du moratoire sur l’or répond aux difficultés de régulation de cette filière. Le ministre a souligné d’importants écarts entre la production officiellement déclarée, à peine 13 kilogrammes selon les statistiques, et l’ampleur réelle de l’exploitation artisanale. Face à ce constat, le gouvernement reconnaît son incapacité actuelle à encadrer efficacement le secteur et entend mettre en place un dispositif de suivi plus rigoureux avant toute nouvelle attribution.

Un levier de développement économique

Par cette mesure, l’administration malgache souhaite accélérer les réformes engagées dans le secteur extractif, considéré comme un moteur de l’économie nationale. Il s’agit également d’encourager les activités minières légales afin de générer des retombées économiques pour l’ensemble des opérateurs.

Madagascar dispose d’importantes ressources minérales stratégiques : nickel, cobalt, graphite, ilménite et terres rares, autant de minéraux essentiels à la transition énergétique mondiale. Le pays se positionne d’ailleurs comme le troisième producteur mondial de graphite. Actuellement, le secteur minier représente environ 4,5 % du PIB et près de 44 % des exportations nationales.

Cette décision devrait renforcer l’attractivité minière du pays dans un contexte d’intérêt croissant des investisseurs internationaux. En 2024, l’activité minière a d’ailleurs enregistré une croissance estimée à plus de 4 %, confirmant son rôle clé dans la dynamique économique de la Grande Île.

Franck Biyidi
LIRE LA BIO
Franck Biyidi est diplômé de l'IRIC (Institut des Relations Internationales du Cameroun) je suis spécialiste des relations internationales au sein de la Francophonie et de l'Union Africaine et de tout ce qui touche la diplomatie en Afrique francophone
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