Relations « débrayées » entre les usines Renault du Maroc et d’Algérie

Les relations difficiles entre l’Algérie et le Maroc ne permettront vraisemblablement pas la mise d’une relation solide entre les usines Renault de Tanger et d’Oran.

L’existence d’une synergie entre les usines Renault de Tanger, au Maroc, et d’Oran, en Algérie, est quasiment impossible. Cela ne fait en tout cas aucun doute pour Jacques Prost, directeur général de Renault-Maroc. Le contexte politique consécutif à la crise entre le Maroc et l’Algérie en est la cause.

« Il ne peut y avoir de possibilité d’échanges de pièces ou de composants entre les deux usines Renault, de Tanger et d’Oran », avait indiqué Jacques Prost en marge de la Journée de rencontres économiques sur le Maroc, tenues le 25 novembre dernier à l’Institut du monde arabe (IMA), à Paris. Selon ce dernier, hormis la formation de quelques opérateurs algériens à l’Institut de formation aux métiers de l’industrie automobile (IFMIA) de Tanger et la contribution de l’usine du Maroc dans l’installation des systèmes informatiques du site d’Oran, il n’existe aucune autre forme de relation entre les deux sites.

Dans une interview accordée à Usine Nouvelle, Jacques Prost a tenté de relativiser la situation en rappelant que « le projet d’Oran est local pour fournir le marché algérien », alors que « Tanger, c’est 95% pour l’exportation ».

Inauguré en février 2012, le site de Tanger a accru en 2013 sa capacité de production à quelque 340 000 véhicules par an. Toutefois, celle-ci ne devait pas excéder 180 000 unités en 2014 et pourrait tendre vers un rythme équivalent à 200 000 unités par an.

L’usine d’Oran, dont l’ouverture a eu lieu en novembre 2014, ne devait assembler, dans un premier temps, qu’environ 25 000 véhicules Renault Symbole par an. Toutes ces voitures sont exclusivement destinées au marché algérien.