Réforme du système de santé: Barack Obama remporte une victoire historique

Le président américain va pouvoir, comme il l’avait promis, étendre la couverture santé aux Américains à revenus faibles. Après le Sénat ,qui avait adopté le projet fin décembre dernier, la Chambre des représentants l’a à son tour approuvé dimanche. Il s’agit de la plus grande réforme en matière de couverture maladie depuis un siècle aux États-Unis. L’opposition veut empêcher le texte d’entrer en vigueur.

Deux cent dix-neuf voix démocrates contre 212. C’est par ce vote très serré que la Chambre des représentants du Congrès américain a approuvé, dimanche, le projet de réforme du système de santé américain. Ce texte, l’une des réforme majeure de la présidence de Barack Obama qui avait déjà été approuvé par le Sénat le 24 décembre dernier, va donc pouvoir être promulgué par le président.

La réforme a pour principal objectif d’étendre la couverture santé à tous les Américains, en prenant en compte les quelques 32 millions de personnes à revenus modestes, qui en étaient auparavant privés. Depuis 100 ans, plusieurs présidents démocrates, à l’instar de Bill Clinton, ont essayé sans succès de réformer le système d’assurance-maladie américain qui exclut les plus pauvres, sans succès. Barack Obama en avait fait l’un des thèmes phares de sa campagne.

Une réforme âprement défendue

Depuis son élection, il a porté le projet à bout de bras, affrontant pour cela une farouche hostilité de l’opposition du parti Républicain. Il a dû aussi négocier âprement avec d’autres adversaires de la réforme tapis dans son propre camps qui, arguant de son coût élevé, près de 1000 milliards de dollars, ont participé à la contre-campagne, réussissant à la rendre impopulaire auprès de la majorité de l’opinion américaine, qui selon les sondages, a fini par devenir majoritaire à la désapprouver. Cette hostilité s’est poursuivie dimanche dernier, au moment du vote. Les 178 députés républicains suivi par 34 de leurs collègues démocrates ont voté contre.

Barack Obama, même sobre, n’a pas caché sa satisfaction, une fois l’adoption du projet confirmée. « Ce soir, nous avons surmonté le poids de la politique, alors que tous les spécialistes nous affirmaient que ce n’était plus possible (…) Nous avons prouvé que nous restons un peuple capable de grandes choses », a-t-il réagi en direct à la télévision, depuis l’East Room de la Maison Blanche, lieu réservé aux moments importants d’une présidence, où il était flanqué de Joe Biden, son vice-président. « Ce soir nous avons répondu à l’appel de l’Histoire comme tant d’Américains l’ont fait avant nous. Nous n’avons pas cherché à échapper à nos responsabilités, nous les avons endossées. Nous n’avons pas eu peur de notre avenir, nous l’avons façonné », a ajouté le président des États-Unis.

Après ce vote, le texte doit être transmis à la Maison Blanche, où le président devrait rapidement le promulguer. Mais il n’entrera pas tout de suite en vigueur. En parallèle de la promulgation, les modifications approuvées par vote à la chambre basse sur le projet que lui avait transmis le Sénat (chambre haute) après son vote de décembre 2009 doivent être envoyées à celle-ci, qui a son tour doit les approuver. Elle enverra ensuite au président un texte qui aura arrangé les affaires des deux chambres du Congrès américain. Une majorité simple de 51 voix devant suffire, la minorité conservatrice ne devrait pas pouvoir faire blocage.

Cependant, les Républicains, ainsi que les 34 démocrates qui ont voté contre le texte ont indiqué qu’ils feraient tout pour l’empêcher d’entrer en vigueur. Ils ont fait savoir qu’ils comptaient aussi l’utiliser contre les Démocrates, lors des élections législatives de novembre.