Rebelles cannibales

Les allégations de cannibalisme, viols et pillages au nord-est de la RDC se confirment. La mission d’enquête de la Monuc livre un rapport préliminaire accablant pour les rebelles du MLC de Jean-Pierre Bemba.

Viols en série et en bandes, pillages systématiques, cas de cannibalisme… Le rapport préliminaire de la mission d’enquête de la Monuc confirme les allégations de graves atteintes aux droits de l’Homme par les troupes du Mouvement de libération du Congo (MLC) et du Rassemblement congolais pour la démocratie-National (RCD-N) dans la région de Beni, au nord-est de la République démocratique du Congo (RDC). L’équipe d’enquêteurs de la Monuc, sur place depuis le 31 décembre 2002, a déjà interrogé 368 personnes, victimes ou témoins, dans les villages de Mangina et Oicha qui abritent plusieurs dizaines de milliers de personnes déplacées.

Le nombre de victimes n’a pas encore été déterminé lors de l’occupation de Mambasa par les rebelles entre les 12 et 29 octobre 2002, à leur retour dans la ville le 29 novembre et pendant leur avancée vers Beni. Mais 117 cas d’exécution sommaire ont déjà été répertoriés, 65 cas de viols, dont des viols d’enfants, 82 cas de disparition forcée (les femmes étant enlevées pour usage sexuel et les hommes pour porter le butin du pillage) et au moins 27 cas de torture. Des victimes d’exécutions arbitraires ont été mutilées, ont subi des prélèvements d’organes et cannibalisés, précise le rapport.

Cinq rebelles arrêtés

Suite à ces premiers éléments d’enquête, Jean-Pierre Bemba, le chef du principal mouvement rebelle visé, le MLC, a déclaré avoir arrêté cinq combattants soupçonnés d’avoir perpétré des atteintes graves aux droits de l’Homme dans ce district de l’Ituri.  » Les hommes que nous avons arrêtés sont accusés d’avoir commis des viols, des vols et d’autres crimes. Notre propre enquête n’a toutefois produit aucune preuve relative aux accusations de cannibalisme « , affirme Jean-Pierre Bemba, interrogé par Irin, l’agence de presse onusienne. L’archevêque de Butembo avait révélé en décembre dernier que les rebelles du MLC  » mangeaient et forçaient leurs prisonniers à manger certains organes des morts, surtout ceux des pygmés.  »

Le président de la RDC Joseph Kabila a quant à lui comdamné ces crimes lundi dernier, en déclarant qu’ils ne resteraient pas impunis.

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