RDC : les ADF ont encore frappé au Nord-Kivu

Les Forces Armées de la RDC
Les Forces Armées de la RDC

L’état de siège en vigueur dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri n’empêche visiblement pas les groupes armés de continuer à opérer dans ces provinces. En témoigne une attaque menée, cette nuit, dans le Nord-Kivu, contre un centre de santé.

Dans la province du Nord-Kivu, les rebelles ADF ont encore fait parler d’eux. Dans la nuit de jeudi à vendredi 12 novembre, ces rebelles ougandais qui, depuis des années, sèment la terreur dans la partie orientale de la RDC, se sont attaqués à un centre de santé auquel ils ont mis le feu, à Kisunda, un village situé à une vingtaine de kilomètres de la localité de Kyondo, elle-même faisant partie du territoire de Beni. Au total, six personnes ont perdu la vie dans cet incendie.

Parmi elles, il y a trois soignants et une sentinelle, selon les propos d’Edgard Mateso, le vice-président de la société civile du Nord-Kivu. Cette énième attaque des groupes armés pose avec acuité le problème de l’efficience ou non de l’état de siège décrété, depuis le 6 mai 2021, et chaque fois renouvelé, depuis lors, dans la province du Nord-Kivu et dans celle de l’Ituri, par le Président Félix Tshisekedi, en vue d’enrayer l’insécurité qui règne dans l’Est de la RDC. En tout cas, l’état de siège n’a pas bonne presse auprès d’une bonne partie de la population congolaise.

Pas plus tard que mercredi, l’archevêque de Bukavu (chef-lieu de la province voisine du Sud-Kivu), au sortir d’une audience à lui accordée par le Vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Daniel Aselo, en séjour dans la région, a déclaré : « Le Vice-premier ministre Aselo m’a reçu en tant qu’archevêque de la ville de Bukavu. Nous lui avons fait parvenir notre position en tant qu’Eglise, et avons rappelé que nous n’avons pas souhaité que l’état de siège soit décrété ici dans la ville de Bukavu, moins encore dans toute la province comme les rumeurs le font entendre ».

Selon le prélat, les habitants du Sud-Kivu attendent d’abord d’être convaincus par les résultats de cette mesure exceptionnelle dans les deux provinces où elle est déjà en vigueur, avant que sa mise en œuvre ne soit même envisagée chez eux. « Certains ont colporté des fausses informations au Vice-premier ministre, disant que la population ainsi que les notables de la province voulaient que l’état de siège soit décrété. Ce sont des machinations, car ce n’est nullement le cas, nous attendons de voir ce que va produire l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Et si les résultats s’avèrent probants, nous verrons s’il sera nécessaire que nous puissions demander aux autorités d’en faire autant dans notre province. Mais pour le moment, nous ne sommes pas dans cette logique », a ajouté le prélat.

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