RDC : le dispositif de l’état de siège soumis à rude épreuve par les ADF au Nord-Kivu

Combattants 11 oct 21
Combattants (Illustration)

Depuis le mois de mai, le Président congolais, Félix Tshisekedi, a décrété l’état de siège, dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, pour mettre fin au long règne sanglant des groupes armés dans l’Est de la RDC. Mais, la mesure peine à convaincre tout le monde. En témoignent les dernières attaques perpétrées, ce week-end, à Benin dans le Nord-Kivu.

Le week-end n’a pas été de tout repos pour les habitants de la province du Nord-Kivu, particulièrement du territoire de Béni. Alors que la province est sous état de siège depuis plusieurs mois, les groupes armés comme les ADF ne cessent de multiplier les attaques contre les civils, mettant en évidence les failles du système sécuritaire mis en place. Dans la nuit du vendredi au samedi d’abord, des hommes armés, présentés comme des éléments des ADF, ont pris d’assaut les villages de Mbingi et Mapasana. Ces attaques ont fait quatre morts ; sept motos et plusieurs maisons ont été brûlées. Des enlèvements ont été également relevés.

Dimanche matin, les rebelles sont revenus à la charge, et se prennent au village de Mangazi, distant de 7 km des deux villages précédents. Ici, ils se sont heurtés à la riposte de l’armée qui a réussi à abattre un de leurs éléments. Dans l’après-midi, c’est au tour des villages de Matekelambi et Mabuo d’être pris pour cible par les rebelles.

« Nous avons un bilan de huit civils tués, la seule journée de ce dimanche », a laissé entendre Kinos Katuo, président des forces vives de Mamove, une localité située non loin des lieux attaqués.

La situation est telle que ce dimanche soir, le rapporteur général de la coordination de la société civile du territoire de Beni a lancé un appel solennel : « Nous faisons appel à tout le monde pour nous venir en aide afin de retrouver la paix dans la région. Sinon notre avenir est douteux. Nous avons demandé qu’une évaluation à base communautaire soit faite. Mais nous craignions que s’il n’y a pas rapidement une évaluation, les grandes agglomérations risquent aussi d’être attaquées. C’est urgent que Kinshasa nous écoute ».

Ces attaques et ce cri de détresse semblent conforter la position de ceux qui n’ont jamais cru en l’efficacité de l’état de siège dans la lutte contre les groupes armés dans l’Est de la RDC. Néanmoins, du côté du gouvernement de Kinshasa, on s’est toujours félicité des accomplissements de ces mesures qui justifient leur renouvellement constant depuis mai.

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