RDC : la gratuité de l’enseignement « bafouée » dans les territoires occupés


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RDC : la gratuité de l’enseignement "bafouée" dans les territoires occupés
Photo illustrative d'une salle de classe dans l'Est de la RDC

Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) dénonce la mise en place de frais scolaires dans les écoles primaires et maternelles des territoires contrôlés par l’AFC/M23 et les Forces de défense rwandaises (RDF). Dans un communiqué publié ce 24 août 2026, Kinshasa affirme que ces prélèvements constituent une violation de la gratuité de l’enseignement primaire et dénonce également des taxes imposées au secteur sanitaire.

La gratuité de l’enseignement primaire figure parmi les nouvelles accusations formulées par les autorités congolaises contre l’AFC/M23 et les RDF dans les territoires occupés de l’est de la RDC. Selon le gouvernement de Félix Tshisekedi, « depuis la rentrée scolaire 2025-2026, des frais sont exigés dans les écoles primaires et maternelles », alors que l’enseignement primaire gratuit est une politique officielle de l’État congolais.

Kinshasa dénonce également l’imposition d’un prélèvement de 17 % sur les recettes trimestrielles des établissements scolaires. Pour les autorités congolaises, ces mesures portent directement atteinte au droit à l’éducation et aggravent les difficultés rencontrées par les populations vivant dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23.

Des taxes et impôts « illégaux » imposés aux hôpitaux et orphelinats

Le secteur de la santé serait également concerné. Le gouvernement affirme que des taxes et impôts qu’il qualifie d’illégaux sont imposés aux hôpitaux publics et privés ainsi qu’aux orphelinats. Ces prélèvements, selon Kinshasa, risquent de compromettre davantage l’accès aux soins et la prise en charge des personnes vulnérables.

Les autorités congolaises dénoncent par ailleurs une série d’autres exactions qui auraient été commises dans les territoires occupés au cours des mois de juin et juillet 2026. Elles font état de plus de 300 personnes tuées dans des exécutions sommaires, des massacres et des bombardements, de centaines de cas de viols, de plus de 300 cas de torture ainsi que de nombreux enlèvements et recrutements forcés.

Kinshasa accuse également l’AFC/M23 et les RDF de chercher à installer une administration parallèle dans les zones sous leur contrôle. La nomination de responsables dans des établissements d’enseignement supérieur et universitaire est notamment présentée par le gouvernement comme une nouvelle manifestation de cette volonté.

Le gouvernement congolais estime que ses « actes violent la Charte des Nations Unies, la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC, ainsi que la résolution 2773 (2025) du Conseil de sécurité, qui exige le retrait du M23 des zones qu’il contrôle, la cessation du soutien rwandais au M23 et le retrait immédiat et sans condition des forces rwandaises du territoire congolais ». Pour Kinshasa, ses pratiques « contreviennent également aux engagements pris dans le cadre des processus de paix de Washington et de Doha ».

Situation critique à l’Est de la RDC

La situation sécuritaire à l’est de la République démocratique du Congo (RDC) reste très instable et tendue. Les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri subissent de violents combats entre l’armée, le groupe rebelle M23/AFC et de multiples milices, malgré un accord de cessez-le-feu et des pourparlers diplomatiques encadrés par le Qatar et l’Union africaine.

Le vendredi 21 août 2026, la RDC et le groupe AFC/M23 ont convenu en Suisse, d’une feuille de route pour encadrer le calendrier des négociations de paix. Ce plan s’inscrit dans le prolongement de l’accord-cadre de Doha et prévoit des étapes de vérification du cessez-le-feu.

Parallèlement, la région de l’Est fait également face à une flambée de la nouvelle souche de l’épidémie d’Ebola. Cent jours après son apparition en mai 2026, l’épidémie due à la souche Bundibugyo du virus Ebola a fait plus de 2 557 morts pour plus de 5 200 cas recensés à travers six provinces. L’ONU et l’OMS alertent sur une progression exponentielle.

Casimir Vodjo Kpenou
LIRE LA BIO
Vodjo Kpenou Casimir est un journaliste béninois basé à Cotonou, titulaire d'une licence en journalisme de l'Institut Universitaire Panafricain de Porto-Novo (2019). Il a forgé son expérience dans des rédactions web africaines. Engagé dans la lutte contre la désinformation, il est membre actif de l'African Fact-Checking Alliance et contributeur au réseau Wikipédia pour l'Afrique francophone.
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