
Réunie en table ronde pendant trois jours, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a exprimé son opposition à tout projet de modification de la Constitution. Cette position intervient dans un contexte de débat politique autour d’une éventuelle réforme portée par les autorités.
En République démocratique du Congo, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a pris position contre toute initiative visant à modifier la Constitution en vigueur. Cette décision a été rendue publique à l’issue d’une table ronde organisée sur trois jours et clôturée le 20 juin.
Une position officielle de la CENCO sans ambiguïté
Cette rencontre avait pour objectif d’examiner les enjeux liés à une éventuelle révision constitutionnelle. Pour ce faire, les évêques ont entendu différents acteurs politiques, notamment des représentants de l’opposition, de la majorité au pouvoir, ainsi que des experts et spécialistes du droit constitutionnel. À l’issue des échanges, la Cenco a déclaré ne pas considérer nécessaire, urgente ou opportune une modification de la Constitution.
Cette position a été exprimée dans une déclaration officielle lue par le secrétaire général de l’institution, monseigneur Donatien Nshole. Les évêques ont ainsi affirmé leur attachement au respect du cadre constitutionnel actuel. Ils ont également indiqué que la Constitution en vigueur contient déjà des dispositions précises encadrant toute éventuelle révision, ainsi que des limites concernant certains articles.
Un contexte politique ponctué de divergences
Le débat sur une possible modification de la Constitution intervient dans un climat de divergences entre les acteurs politiques. Les autorités soutiennent l’idée d’une réforme, tandis que des figures de l’opposition y voient un risque lié à la prolongation du pouvoir exécutif au-delà des mandats prévus. Dans ce contexte, la Cenco a rappelé son rôle en tant qu’acteur de la société civile. Elle a indiqué ne pas s’inscrire dans une logique partisane, tout en affirmant intervenir sur des questions qu’elle considère liées à la stabilité institutionnelle.
Dans sa déclaration, la Conférence épiscopale a évoqué les risques associés à une modification de la Constitution en dehors des mécanismes prévus. Elle a notamment mentionné des menaces liées à la cohésion nationale et à la stabilité du pays. Les évêques ont également fait référence à un contexte marqué par des tensions politiques, parfois associées à des dimensions communautaires. Ils ont estimé que certaines évolutions pourraient entraîner des conséquences sur la sécurité et la paix.
Un appel de la CENCO au respect de l’ordre constitutionnel
La Cenco a appelé les autorités à respecter les engagements liés à la Constitution. Elle a notamment demandé au président de la République de se conformer à son serment de défendre et de faire respecter le texte fondamental. Les responsables religieux ont également invité les membres du clergé à relayer ce message auprès des fidèles. Cette démarche vise à assurer une diffusion plus large de leur position au sein de la population.
Dans le même temps, la Conférence épiscopale a évoqué la situation générale du pays et a appelé à une mobilisation autour des enjeux liés à l’avenir national. Enfin, la Cenco a réaffirmé que son intervention s’inscrit dans une démarche liée à la promotion de la paix et de la stabilité. Elle a indiqué que ses prises de position visent à contribuer au maintien de l’ordre constitutionnel et au respect des institutions en République démocratique du Congo.





