RDC : l’épidémie d’Ebola progresse, un premier vaccin expérimental entre en phase d’essai


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Ebola en RDC
Ebola en RDC

L’épidémie d’Ebola continue de s’étendre dans l’est de la République démocratique du Congo, où les autorités sanitaires recensent 3 262 cas cumulés et 1 437 décès. Alors que cinq provinces restent touchées par la souche Bundibugyo, aucun vaccin ni traitement homologué n’est encore disponible. Les premiers essais d’un vaccin expérimental viennent toutefois de débuter, tandis que des acteurs humanitaires appellent à renforcer la riposte communautaire et les capacités de prise en charge.

L’épidémie d’Ebola provoquée par la souche Bundibugyo demeure active en République démocratique du Congo. Selon le dernier bilan communiqué par les autorités sanitaires, cinq provinces de l’est du pays sont concernées, avec 3 262 cas enregistrés et 1 437 décès. Les responsables de la riposte indiquent que le pic de l’épidémie n’a pas encore été atteint.

Un vaccin expérimental en cours d’évaluation

Face à cette situation, les recherches se poursuivent afin d’identifier des solutions préventives et thérapeutiques. À ce jour, aucun vaccin homologué ni traitement spécifique n’existe contre cette souche du virus Ebola, même si plusieurs travaux scientifiques sont en cours. Le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a annoncé le lancement d’un essai clinique portant sur un vaccin expérimental.

« Nous saluons le lancement de l’essai clinique d’un vaccin expérimental. Une étape importante pour évaluer la sécurité et les réponses immunitaires induites par ce vaccin », a-t-il déclaré dans un message publié le 28 juillet. Le candidat vaccin, baptisé ChAdOx1 BDBV, a été développé par des chercheurs de l’Université d’Oxford, au Royaume-Uni. Il repose sur la même technologie que le vaccin Oxford/AstraZeneca utilisé contre la Covid-19. Plus de 600 000 doses sont déjà disponibles et 4 000 seront mobilisées dans le cadre de cet essai clinique.

Une première injection réalisée

La première administration du vaccin expérimental a été effectuée le 24 juillet sur un volontaire. Cette étape intervient moins de trois mois après la déclaration officielle de l’épidémie. Les résultats devront désormais être analysés avant toute éventuelle autorisation d’utilisation à grande échelle. Parallèlement, des chercheurs de l’Inserm et de l’Université de Bordeaux ont présenté les premiers résultats d’une étude portant sur des personnes vaccinées contre la souche Ebola Zaïre.

Selon leurs observations, ces participants ont développé des anticorps présentant une activité contre la souche Bundibugyo, ce qui laisse envisager une immunité partielle nécessitant des investigations complémentaires. Sur le terrain, plusieurs organisations humanitaires estiment que la lutte contre l’épidémie doit davantage s’appuyer sur les communautés locales. C’est le cas du docteur De-Joseph Kakisingi.

Des difficultés persistantes dans la prise en charge

« Nous avons développé cette approche. Il regroupe des approches people first impact, méthodes où les communautés participent au diagnostic, à nommer les problèmes, à identifier les mesures respectant les us et coutumes », affirme le coordonnateur du Conseil national des Fora des ONG humanitaires et de développement, explique que cette approche vise à intégrer directement les populations dans la gestion de la crise.

Selon lui, cette méthode permet de transformer les habitants « en agent de prévention et en acteurs de première ligne » dès l’identification des premiers cas. Le responsable humanitaire estime également que certaines difficultés observées lors des précédentes épidémies demeurent. « Notre inquiétude, actuellement, c’est qu’on reprend les mêmes schémas qui laissent au virus accomplir son cycle », déclare le docteur Kakisingi, qui appelle à accélérer les interventions sanitaires.

Poursuite des opérations de détection et d’isolement des cas

Il évoque notamment les retards dans les enterrements, le transport de cas suspects sur des motos-taxis et les besoins en infrastructures médicales. « Il faut mettre en place un bon système de récolte des malades… s’assurer que tous les centres de traitement ont le nombre de lits qu’il faut, du personnel qu’il faut », souligne-t-il, avant d’ajouter : « On a l’impression qu’on est extrêmement lent par rapport à ce qu’il faut faire. »

Les autorités sanitaires poursuivent la surveillance épidémiologique, tandis que les essais du vaccin expérimental se déroulent selon le protocole établi. En parallèle, les équipes de riposte continuent les opérations de détection, d’isolement des cas, de sensibilisation des populations et de suivi des personnes contacts dans les provinces affectées par l’épidémie.

Etienne Dione
Très attaché à l’Afrique Centrale que je suis avec une grande attention. L’Afrique Australe ne me laisse pas indifférent et j’y fais d’ailleurs quelques incursions
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