
L’épidémie d’Ebola due à la souche Bundibugyo continue sa progression en République démocratique du Congo (RDC). En un peu plus de deux mois, plus de 3 200 cas confirmés et 1 400 décès ont été recensés, selon les dernières données des autorités sanitaires congolaises relayées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Les autorités congolaises ont annoncé que 3 200 cas confirmés d’Ebola avaient été enregistrés depuis le début de la 17e épidémie dans le pays. Le dernier bilan fait également état de 1 405 décès, soit un taux de létalité de 43,9 %. Par ailleurs, 773 patients sont toujours placés en isolement ou hospitalisés, tandis que 571 personnes ont été déclarées guéries.
Ces chiffres retracent une progression rapide de l’épidémie. Deux jours plus tôt, le bilan officiel faisait état de 3 075 cas confirmés et de 1 354 décès. Le seuil des 2 000 cas avait déjà été franchi à la mi-juillet.
En quelques jours, plus d’une centaine de nouveaux cas et plusieurs dizaines de décès supplémentaires ont ainsi été signalés.
L’Ituri, principal foyer de l’épidémie
La province de l’Ituri demeure l’épicentre de la crise. Située dans le nord-est du pays et frontalière de l’Ouganda et du Soudan du Sud, elle concentre à elle seule 2 848 des 3 200 cas confirmés, soit près de 89 % du total national.
La province enregistre également 1 184 décès, ce qui en fait la zone la plus durement touchée par l’épidémie. Au total, la transmission reste active dans 47 des 48 zones de santé affectées, réparties entre l’Ituri, le Nord-Kivu, le Haut-Uélé, le Sud-Kivu et la Tshopo.
Cette diffusion géographique complique la riposte, notamment dans des régions où les difficultés d’accès, la mobilité des populations et la fragilité des infrastructures sanitaires peuvent favoriser la circulation du virus.
Une épidémie proche du bilan de 2018-2020
Avec plus de 3 200 cas recensés, l’épidémie actuelle se rapproche du bilan de la dixième flambée d’Ebola en RDC, qui avait touché les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri entre août 2018 et juin 2020.
Cette précédente épidémie, qui avait duré près de 22 mois, avait enregistré 3 470 cas et causé 2 287 décès. Elle demeure la deuxième plus importante flambée d’Ebola jamais documentée dans le monde, après celle qui avait frappé plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016.
La surveillance et le suivi des contacts renforcés
Face à l’évolution de la situation, les autorités congolaises indiquent avoir renforcé la surveillance épidémiologique afin de mieux suivre les nouveaux cas et les décès.
Le taux de suivi des contacts est actuellement estimé à 77,8 %. Les équipes sanitaires poursuivent les opérations d’identification et de surveillance des personnes ayant été en contact avec des malades, afin d’interrompre la chaîne de la transmission.
Le renforcement des capacités de diagnostic, l’amélioration des structures de soins et la prise en charge rapide des patients figurent également parmi les priorités de la riposte. Des campagnes de sensibilisation sont menées auprès des communautés, tandis que les contrôles aux points d’entrée ont été intensifiés afin de limiter la propagation du virus vers les zones encore épargnées.
L’appui des Nations unies se poursuit
Les agences des Nations unies et leurs partenaires soutiennent les autorités congolaises dans les domaines de la surveillance, du diagnostic, du suivi des contacts et de la prise en charge des malades.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) a déjà distribué plus de 140 000 repas et fourni une assistance alimentaire à plus de 23 000 patients, personnes contacts et autres personnes vulnérables affectées par l’épidémie.
De son côté, l’UNICEF, avec ses partenaires, a effectué plus de 27 000 visites à domicile afin de faciliter l’identification des cas suspects et d’améliorer leur suivi.
L’OMS renforce également la préparation dans les provinces qui ne sont pas encore touchées. Des spécialistes de l’hygiène ont notamment été formés à l’Hôpital général de référence du Bas-Uélé pour améliorer la capacité de réponse en cas d’apparition de nouveaux foyers.




