RDC : Kinshasa et Kigali plaident pour une force internationale au Nord-Kivu

Ce dimanche, Kigali et Kinshasa ont accepté le principe, exprimé collectivement dans une déclaration, de la mise en place et du déploiement d’une force internationale neutre, pour sécuriser la frontière et neutraliser les rebelles dans l’Est de la République démocratique du Congo.

La République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda sont finalement parvenus à s’entendre sur la situation au Nord-Kivu. En marge du sommet de l’Union africaine (UA), cinq pays se sont réunis pour la Conférence internationale sur la région des Grands lacs (CIRGL). Les leaders de la Tanzanie, de la République centre-africaine, de l’Ouganda, du Rwanda et de la RDC étaient présents. Kigali et Kinshasa ont accepté le principe, exprimé collectivement dans une déclaration, de la mise en place et du déploiement d’une force internationale neutre, pour sécuriser la frontière et neutraliser les rebelles dans l’Est de la RDC.

Longtemps accusé par les autorités congolaises de soutenir les mutins du Mouvement du 23 mars (M23), le Rwanda s’est mis d’accord avec la RDC, lors du sommet des chefs d’Etats du conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) qui s’est tenu ce samedi à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, pour résoudre ensemble le conflit qui oppose depuis le mois de mai les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) aux ex-rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP). Jean Ping, alors président de la Commission de l’UA, a plaidé pour une intervention militaire au Nord-Kivu, a rapporté l’Express. L’UA « est disposée à contribuer à la constitution d’une force régionale pour mettre un terme définitif aux agissements des groupes armés », a-t-il déclaré. Pour rappel, l’ONU et les FARDC ont tiré jeudi dernier des roquettes et des obus sur Nkokwe et Bukima pour protéger la ville de Goma, capitale de la province, d’une éventuelle attaque des mutins du M23.

L’ONU et les FARDC bombardent déjà les camps des rebelles

Ce jeudi, les hostilités ont commencé dans le Nord-Kivu. Trois hélicoptères de l’ONU et deux des FARDC ont tiré des roquettes sur Nkokwe et Bukima pour protéger la ville de Goma située à 50 km des bases des mutins du M23. Ce mardi, l’armée congolaise et ses alliés se sont déployés dans la capitale provinciale : un bataillon, entraîné par des instructeurs américains, a été envoyé pour renforcer les sept mille militaires déjà sur place.

Les ex-rebelles du CNDP fustigent le retour de l’armée congolaise dans les villes de l’Est de la RDC. « Cet acte de provocation est un défi lancé contre nos forces (…) et une humiliation pour les habitants de ces entités qui ont subi les exactions de cette armée lors de sa fuite devant nos forces », souligne un communiqué du mouvement, rapporte l’AFP. Ils exhortent les FARDC à quitter « sans délai » ces villes (notamment Bunagana et Rutshuru prises le week-end dernier), « faute de quoi elles seront rendues responsables de toutes les conséquences relatives à leur présence dans ces entités, ce que nous ne souhaitons pas ».

Les mutins, actuellement repliés sur Kibumba, n’ont pas libéré la ville de Bunagana. D’où le déploiement puis l’attaque de l’ONU et de l’armée congolaise, craignant un assaut contre la ville de Goma.
Même si les ex-rebelles du CNDP disent vouloir négocier. « Les mutins ont répété jusque-là que leur objectif n’était pas de prendre Goma, ni d’autres villes, mais de faire entendre leur voix et d’amener le gouvernement congolais à des négociations. », précise le communiqué. Les mutins du M23 reprochent au pouvoir exécutif congolais de ne pas avoir respecté les accords de paix. Ils réclament la pleine application des accords signés le 23 mars 2009 avec le pouvoir en place. « Nos principales revendications le gouvernement les connaît : le retour des réfugiés congolais qui sont au Rwanda, une bonne démocratie, et nos grades militaires doivent être confirmés. », a rappelé lundi 9 juillet le colonel Sultani Makenga, recherché par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre.

Entre les mois de mai et juin derniers, les combats entre les FARDC et les mutins du M23 ont provoqué le déplacement de 200 000 personnes dont 30 000 réfugiées au Rwanda et en Ouganda, deux pays frontaliers de la RDC.

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