Rachida Dati, « Belle-Amie »

Rachida Dati est Belle-Amie pour Michaël Darmon et Yves Derai. Ils ont publié ce jeudi un livre qui dépeint « une tueuse et une intrigante » qui « (s’imaginait) bien à la Justice ». Un rêve qui s’est accompli grâce à l’ex-Première dame, Cecilia Attias qui fut son avocate auprès de son président de mari, Nicolas Sarkozy. Depuis, le mentor « l’a lâchée » en lui offrant une sortie honorable : numéro 2 de la liste UMP aux européennes.

« A bien des égards, Rachida Dati s’apparente à une « Belle-Amie » des temps modernes[…].Tout a été calculé, organisé, arraché ou dérobé ». En d’autres termes, « c’est une tueuse et une intrigante », selon Michaël Darmon et Yves Derai, les auteurs de Belle-Amie, biographie non-autorisée de Rachida Dati qui paraît ce jeudi aux Editions du Moment. « Culot et séduction » décrivent parfaitement Rachida Dati selon les auteurs de Belle-Amie. Un titre clin d’œil au Bel-ami de Guy de Maupassant qui relate l’ascension de Georges Duroy, un provincial qui se sert de ses charmes pour se faire une place dans le microcosme parisien. Comme son alter égo littéraire, elle sait se faire des amis hauts placés qui lui permettent de profiter de l’ascenseur social. Rachida Dati devrait par exemple son poste de ministre de la Justice à l’ex-première dame Cecilia Attias qui s’attache à elle et fait du lobbying en sa faveur auprès de Nicolas Sarkozy. Il devient son mentor politique.

Portrait au vitriol d’une femme ambitieuse

« Au lendemain de la victoire de Nicolas Sarkozy, peut-on lire dans Le Nouvel Observateur qui publie les extraits du livre dans son édition de ce jeudi, Belle-Amie ne quitte plus le chef de l’Etat et la première dame (…) Belle-Amie s’imaginerait bien à la Justice (…) Pour vendre cette idée folle à son époux, prêt à beaucoup de sacrifices pour la garder, Cécilia argue que confier à Rachida une mission peu ou prou liée à l’intégration ne serait pas original et ne ferait pas avancer d’un iota la société française. Le vrai geste fort serait, selon elle, de lui proposer un job en rapport avec son cursus, pas ses origines ». Même son de cloche chez Fadela Amara que le nouveau président contacte. « N’en faites pas une secrétaire d’Etat marionnette comme l’ont fait tous vos prédécesseurs, lui conseille la militante réputée pour son franc-parler. Donnez-lui un gros ministère, ça serait une rupture’ » lui lance la future secrétaire d’Etat chargée de la Politique de la ville.

Rachida Dati en quelques dates

27 novembre 1965. Naissance à Saint-Rémy (Saône-et-Loire).

1986. Rencontre avec Albin Chalandon.

1987. Comptable chez Elf-Aquitaine.

1990. Auditeur chez Matra.

Août 1992. Mariage avec un ingénieur algérien, annulé en 1995.

1997. Entrée sur dossier à l’Ecole nationale de la Magistrature.

2002. Conseillère technique au cabinet du ministre de l’Intérieur.

Janvier 2007. Porte-parole de Nicolas Sarkozy.

Mai 2007. Garde des Sceaux.

Mars 2008. Elue maire du 7e arrondissement de Paris.

 Source : Le Nouvel Observateur

Rachida Dati devient donc en mai 2007 le premier Garde des sceaux français issu de la diversité. C’est la consécration pour une jeune femme qui potasse le Who’s who à la recherche de ceux qui peuvent servir son ambition. Elle prépare son avenir et, à 21 ans, elle commence à s’en donner les moyens. Lors d’une réception à l’ambassade d’Algérie, elle s’arrange pour rencontrer le ministre de la Justice, Albin Chalandon, qui l’accompagnera Place Vendôme lors de son entrée en fonction. Il lui obtient un stage à la direction financière de Elf. Son expérience à la direction des audits chez Matra Communication est rendue possible par Jean-Luc Lagardère. Des années plus tard, elle rencontre Marceau Long et Simone Veil qui l’orientent vers la magistrature. « Son dossier (pour intégrer l’école de la magistrature, ndlr) fait état de deux maîtrises, de cours suivis à l’Isa et -curieusement- de l’obtention d’un ‘MBA européen du groupe HEC-ISA », un diplôme qu’elle n’aurait pas obtenu, révèle L’Express en juin 2008.

Un scoop sur le père de Zorha

Suspicion sur ses compétences en matière judiciaire qui semblent se confirmer dans l’exercice de sa charge de garde des sceaux. «On ne comprenait même pas ce qu’elle nous demandait, explique un ancien collaborateur, écrivent Michaël Darmon et Yves Derai. Elle ne porte aucun débat, aucune idée sur les questions centrales de justice : faut-il réformer le parquet, des pôles de compétences par régions ? La matière du droit suppose une certaine notion de complexité, de la nuance». « La coquille vide », comme la surnomme Brice Hortefeux, le nouveau ministre du Travail, devrait quitter son poste de ministre de la Justice en juin prochain. Elle a été désignée malgré elle comme la numéro 2 de la liste UMP aux européennes.

Toute la littérature sur Rachida Dati

 A paraître

L’intrigante par Jacqueline Remy, 9 avril 2009 .

 Livres déjà parus :

Belle-Amie, Michaël Darmon et Yves Derai, (5 février 2009)

Rachida Dati – Et si on parlait de vous ? par Gilles Gaetner, (4 décembre 2008)

Je vous fais juge par Rachida Dati et Claude Askolovitch, (24 octobre 2007)

Rachida Dati : Une ambition française par Lionel Cottu, (3 décembre 2007)

Celui qui disait d’elle, en septembre 2002, lors de son entrée au ministère de l’Intérieur comme conseillère technique à la prévention de la délinquance qu’il n’avait « encore jamais rencontré quelqu’un qui ait autant envie de travailler avec (lui)», a fini par se lasser de l’icône de la diversité qu’il a créée. Nicolas Sarkozy « l’a lâchée ». « Cruauté supplémentaire ou élégance destinée à lui sauver la face, il lui a demandé un dernier effort : mener campagne pour les européennes en Ile-de-France. L’offre que sa meilleure ennemie, Rama Yade, avait dédaignée. Ensuite, elle pourra, selon son vœu, prendre la direction d’un groupe privé. A condition, bien sûr, qu’elle se tienne tranquille », peut-on lire dans Belle-amie. Comme Georges Duroy, Rachida Dati semble avancer le cœur gros. Mais ce n’est pas pour autant que Michaël Darmon et Yves Derai apportent quelque chose de nouveau sur la vie de Rachida Dati. Ils confirment simplement qu’elle intéresse en dépit de ses grandeurs et décadences en relançant le débat autour du père de sa fille Zorha. Les auteurs de Belle-Amie accusent également Rachida Dati d’avoir nourri la rumeur. Selon eux, le géniteur ne serait autre que le procureur général du Qatar, Ali Ben Fetais al-Marri.