Une garde des sceaux nommée Rachida Dati

Rachida Dati est le nouveau ministre français de la Justice. Née d’un père marocain et d’une mère algérienne, c’est la première fois qu’une fille d’immigrés a la charge d’un grand ministère en France. Cette nomination, rendue publique ce vendredi, sonne comme un aboutissement pour cette femme travailleuse et ambitieuse qui a voulu rompre avec le déterminisme social.

Rachida Dati s’est vue confier, ce vendredi matin, le portefeuille de la Justice au sein de la nouvelle équipe gouvernementale française. Elle est l’une des sept femmes ministres d’un gouvernement que le président Nicolas Sarkozy a voulu paritaire. C’est la première fois qu’une fille d’immigrée a la charge d’un grand ministère français. Magistrate, porte-parole du candidat Nicolas Sarkozy, Rachida Dati est née le 27 novembre 1965 à Saint-Rémy (Saône-et-Loire) d’un père marocain, maçon, et d’une mère algérienne, femme au foyer. A sa mort, Rachida Dati, deuxième enfant de la famille veillera à l’éducation de ses onze frères et sœurs. Le travail, tout comme la volonté d’échapper à une sorte de fatalité sociale, ont toujours été les moteurs de sa vie.

La femme qui provoquait son destin

Dès l’âge de 16 ans, elle mènera de pair une activité professionnelle et ses études sans perdre de vue ses ambitions qu’elle nourrit au travers d’une lecture assidue du Who’s who (elle en fait d’ailleurs désormais partie). Les parcours qui y sont compilés sont une source d’inspiration permanente pour la jeune française. Aide-soignante, la nuit, depuis déjà quatre ans et demi, elle décide de changer son destin en provoquant une rencontre avec le ministre Albin Chalandon, à l’époque garde des Sceaux, lors d’une réception à l’ambassade d’Algérie à Paris. Elle lui demande son aide et l’obtient.

Armée de son Deug d’économie obtenu à l’université de Dijon, elle intègre alors comme comptable la direction financière d’Elf. Quelques années plus tard, en 1989, elle rencontre Jean-Luc Lagardère et rentre chez Matra un an plus tard. Elle y sera auditeur et obtient le financement de son MBA. Cette même fonction, elle l’occupera aussi pendant un an, à Londres, à la Banque Européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) avant de devenir la secrétaire générale d’un bureau d’études de la Lyonnaise des eaux. Là, elle fait un rapport sur la politique de la ville pour Simone Veil dont elle se rapproche et qui lui conseillera comme Pierre de Bousquet, un proche de Jacques Chirac, et Marceau Long, ancien vice-président du Conseil d’Etat, de devenir magistrate. Toute l’existence de Rachida Dati est émaillée de ces rencontres souhaitées ou fortuites dont elle a su tirer parti tout en suscitant de la sympathie chez ses interlocuteurs.

Une profonde admiration pour Nicolas Sarkozy

Titulaire d’une maîtrise en sciences économiques et d’une autre en droit public, elle suit le conseil et rentre à l’Ecole nationale de la magistrature en 1997. Elle prêtera d’ailleurs serment, en 1999, dans la robe de magistrat de Simone Veil. Rachida Dati commence sa carrière comme auditeur de justice au tribunal de grande instance de Bobigny avant de devenir juge de la Cour d’appel d’Amiens et substitut du procureur de la République au tribunal de grande instance d’Evry. Entre temps, en 1996, elle a rencontré, pour la première fois, Nicolas Sarkozy à la mairie de Neuilly. Rachida Dati, comme elle l’a toujours fait, lui proposera plus tard ses services pour finalement le rejoindre en 2002 au ministère de l’Intérieur.

La magistrate, spécialisée en finances, y est chargée des liens avec les jeunes. En 2005, elle se verra confier le projet de loi sur la prévention de la délinquance. « Je suis fascinée par le parcours de Nicolas Sarkozy, confiait-elle au Nouvel Economiste à propos du nouveau président. C’est quelqu’un à qui l’on n’a jamais rien donné. Il a tout eu à l’arraché, avec succès. Il y a quelque chose chez lui qui fait écho chez moi : le refus de la fatalité, peut-être. J’ai un attachement pour lui au-delà de son engagement politique. » Elle sera sa porte-parole durant la campagne présidentielle. Rachida Dati est membre du club Le Siècle, un think-thank qui rassemble plusieurs dirigeants français, et est à l’origine de la création du Club XXIe siècle. Ce dernier regroupe des personnalités qui souhaitent valoriser la diversité au sein de la société française. Un combat qui trouve un écho retentissant avec son arrivée à la tête du ministère de la Justice.

Le gouvernement du Premier ministre François Fillon

 Alain Juppé : ministre d’Etat, ministre de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables

 Jean-Louis Borloo : ministre de l’Economie, des Finances et de l’Emploi

 Michèle Alliot-Marie : ministre de l’Intérieur, de l’Outre-Mer et des Collectivités territoriales

 Bernard Kouchner : ministre des Affaires étrangères et européennes

 Brice Hortefeux : ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Codéveloppement

 Rachida Dati : garde des Sceaux, ministre de la Justice

 Xavier Bertrand : ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité

 Xavier Darcos : ministre de l’Education nationale

 Valérie Pécresse : ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche

 Hervé Morin : ministre de la Défense

 Roselyne Bachelot-Narquin : ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports

 Christine Boutin : ministre du Logement et de la Ville

 Christine Lagarde : ministre de l’Agriculture et de la Pêche

 Christine Albanel : ministre de la Culture et de la Communication, Porte-Parole du Gouvernement

 Eric Woerth : ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique

 Roger Karoutchi : secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, chargé des Relations avec le Parlement

 Eric Besson : secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, chargé de la Prospective et de l’Evaluation des politiques publiques

 Dominique Bussereau : secrétaire d’Etat auprès du ministre d’Etat, ministre de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables, chargé des Transports

 Jean-Pierre Jouyet : secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé des Affaires européennes

 Martin Hirsch : haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté