Que se passe-t-il encore à Bakassi ?

Les Bakassi Freedom Fighters sont décidés à assaillir Bakassi. Ils ont attaqué un chalutier camerounais samedi dernier à Jabane, une localité de la péninsule camerounaise. Les forces armées ont réussi à les repousser, mais la tension reste vive dans la région.

Notre correspondante au Cameroun

Un communiqué du ministère de la Défense du Cameroun, paru dimanche, indique que les assaillants ont été repoussés par « les forces d’armées stationnées au groupement opérationnel Sud à Jabane » après une folle course poursuite qui s’est achevée fort heureusement sans aucune perte en vie humaine ou matérielle.

Le chef du groupe Bakassi Freedom Figthers, qui remet en cause la souveraineté du Cameroun sur la presqu’île, a affirmé leur détermination à semer la terreur dans la zone jusqu’à ce que leurs revendications soient prises en compte par les gouvernements camerounais et nigérians. Ils exigent, en effet, la renégociation des termes de rétrocession de la péninsule au Cameroun. D’après eux, les Nigérians ont été lésés dans le règlement du différend. Et l’injustice doit être réparée.

Les forces armées du Cameroun et du Nigeria mobilisées

Cette attaque et cette détermination des « Bakassi Freedom Figthers » suscitent des interrogations car le Cameroun et le Nigeria se sont réunis, au début du mois d’octobre 2008 à Yaoundé, lors de la Grande Commission mixte. Le principal objectif de cette rencontre était justement la sécurisation des frontières maritimes et terrestres des deux pays. Notamment à travers « l’établissement des comités mixtes de sécurité et de patrouilles frontalières » et la mise en place d’un cadre permanent de coordination et de suivi. « Les deux parties ont convenu d’examiner la possibilité de la création d’une Commission permanente Nigeria –Cameroun » afin de disposer d’un cadre de coordination et de suivi des relations entre les deux pays.

A la fin des travaux de Yaoundé, le ministre camerounais des Relations extérieures avait déclaré : « Il faut mobiliser les logistiques nécessaires en ce qui concerne la sécurité. Nous sommes exposés à des attaques et à l’insécurité par des agressions de nos frontières. Nous allons mettre en place des patrouilles mixtes qui vont permettre de réduire ce phénomène. » Quant au ministre nigérian des relations extérieures, Chief Ojo Madukwe, il avait insisté sur « la maximisation la coopération bilatérale. »

Le fait que les assaillants de Bakassi aient été repoussés cette fois-ci, est probablement la preuve qu’une volonté politique commune est mise en œuvre pour réduire les attaques armées à Bakassi. Et bien sûr, ces attaques remettent sur la table le fameux problème du développement et de l’aménagement de cette péninsule camerounaise.

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