Quand l’alcool coule à flot

Au Togo comme au Maroc, l’alcool trouve toujours ses adeptes. Le vin, la bière et les eaux de vie sont de tous les événements : mariages, rituels ou simples réunions entre amis. Afrik.com vous invite à découvrir quelques breuvages qui plaisent sur le continent.

Qu’on se le dise, le réveillon de la Saint Sylvestre sera arrosé. Au programme : vins, bières et tord-boyaux en tout genre… Frileux s’abstenir !

Histoires de vin

Contrairement aux idées reçues, les pays musulmans ne sont pas les derniers en matière d’alcool. En Afrique du Nord, le Maroc et l’Algérie produisent à, eux deux, 2,6 millions d’hectolitres de vin (chiffres 2008). La production viticole y a des racines antiques même si elle s’est accrue durant la colonisation française. Grâce à leur climat, les deux pays ont pu cultiver la vigne. Blanc, rouge, rosé, il y en a pour tous les goûts. Le classique Boulaouane dans la région du Gharb et les incontournables vieux vignobles El Djadida et Demnate au sud de Casablanca, font la réputation du royaume chérifien. L’Algérie n’a rien à envier à son voisin. Ce pays fournit toute une gamme de vins pouvant se classer en quatre catégories : vins de plaine, de coteaux, de montagne et de liqueur. Les plus téméraires se dirigeront vers les vins de Darha très alcoolisés (15 degrés), tandis que les fine bouches dégusteront des Coteaux de Mascara bien frais. Une autre boisson à la cote en Afrique : le vin de palme. Cet alcool est fait de sève de palmier par fermentation naturelle. Lorsqu’il vient d’être récolté, il est de couleur blanche et laiteuse, doux et plutôt sucré. Vin caméléon, cette boisson, après quelques heures de fermentation supplémentaires, devient pétillante, parfois un peu âpre et prend une teinte plus foncée.

Sers-moi une bière !

S’il est un alcool qui fait l’unanimité en Afrique, c’est bien la bière à base de houblon. Au Bénin, au Congo, au Mali ou au Sénégal, on ne compte plus les marques de ce liquide jaunâtre et gazeux. Les populations raffolent de la Primus, de la Castel et de la Skol. Au Kenya, La Obama remporte tous les suffrages. Dans ce pays on n’a en efet pas hésité à baptiser une bière du nom du président américain, Barack Obama. Autrefois appelée La sénateur, elle a été rebaptisé après son élection, un bon moyen de se faire de la publicité. La Tchoukoutou au Togo, est de toutes les soirées arrosées. « Le lendemain, après avoir bu de cette bière, on a l’impression d’avoir un train qui roule dans la tête en faisant « tchoukoutou, tchoukoutou, … ! », confie un aficionado de cette boisson. Cette bière de mil peut être claire ou épaisse et son goût peut varier en fonction des méthodes de fabrication.

Les tord-boyaux

Les degrés augmentent et le rythme cardiaque s’accélère. Place aux alcools forts ! Le Sodabi, l’eau de vie « made in Bénin » doit son nom à son inventeur, M. Sodabi, qui a eu l’ingénieuse idée de préparer ce précieux liquide en faisant fermenter de la sève de palmier à huile avant de la distiller. Il n’y a pas de rites vaudou, de cérémonies qui ne se fassent sans consommation de Sodabi, rappelait le quotidien Le Bénin aujourd’hui. C’est dans la région septentrionale que la consommation est la plus forte. On ne compte plus les commerçants qui ont fait fortune grâce à ce commerce. Mais, sa fabrication continue d’être artisanale. Aucun producteur économique ne s’est encore lancé dans une production industrielle à grande échelle. Les clients peuvent se rassurer, ils continueront à payer leur boisson préférée à 50 francs CFA ( à quelques francs près), le verre, soit 0,07 euros.

L’alcool distillé Akpeteshi, connu au Ghana et appelé aussi Koutoukou en Côte d’Ivoire, fait également fureur. Certains consommateurs avisés n’hésitent pas à vanter sa puissance. « Cette boisson est tellement forte qu’elle peut brûler un papier », explique un adepte ghanéen. Dans la série des alcools qui réchauffent le Schnaps, une eau de vie venue des régions germanophones. Cette boisson transparente, distillée à partir de céréales, de racines ou de fruits, est présente lors des cérémonies.

Après cette liste non exhaustive des alcools présents sur le continent africain, il est sage de rappeler que ces boissons sont à consommer avec modération !