Quand Bernard Tapie intégrait dans sa famille une adolescente marocaine

Bernard Tapie (04 oct 21)
Bernard Tapie

Alors que lui-même luttait contre de vilains cancers, Bernard Tapie n’aura pas baissé les bras, puisque l’homme s’est donné la force d’encourager une adolescente marocaine, elle aussi atteinte de cancer. La fille, du nom de Zora, avait même été intégrée dans la famille Tapie.

Durant ses dernières années de combat contre le cancer, Bernard Tapie avait fait des confidences au journaliste franco-américain Franz-Olivier Giesbert. Ce dernier a ainsi recueilli des anecdotes compilées dans un livre : « Bernard Tapie. Leçons de vie, de mort et d’amour ». Dans cet ouvrage dont une partie avait été révélée, en juin dernier, par Paris Match, Bernard Tapie avait partagé un grand secret. Il s’agissait d’une relation quasi-familiale entre Bernard Tapie et Zora, une fillette marocaine de 15 ans, atteinte d’un cancer.

« Un jour, son fils Laurent m’a parlé de la petite Zora, une jeune fille d’une quinzaine d’années d’origine marocaine, qui avait adressé à Bernard Tapie, en 1986, une lettre à laquelle était jointe une photo de lui qu’elle lui demandait de retourner dédicacée. Elle souffrait d’un cancer du poumon et laissait entendre que ça n’allait pas fort. Ému par son courrier, le couple Tapie était allé lui rendre visite à l’hôpital de Boulogne où elle se trouvait, en soins palliatifs », raconte le journaliste.

Bernard Tapie et Zora « Grâce à l’information que m’avait donnée Laurent, j’ai pu faire parler son père (Bernard Tapie) », relate Franz-Olivier Giesbert. « En sortant, on était émus aux larmes, ma femme et moi. Dans son lit, on aurait dit une petite gazelle toute fragile. Elle était complètement chauve. Quand, après la visite, on avait demandé aux médecins combien de temps ils lui donnaient à vivre, ils avaient répondu : ’Trois ou quatre mois, pas plus’ », a indiqué Tapie, dans un récit rapporté par le journaliste.

« Sa famille étant restée à Troyes où elle vivait dans une sorte de bidonville, Zora était seule à l’hôpital. On a décidé, avec l’accord de ses parents, de la prendre chez nous », a poursuivi l’homme d’affaires, dans le livre « Bernard Tapie. Leçons de vie, de mort et d’amour ». Tapie la mit entre les mains de son ami le docteur Christian Duraffourd, le roi de la phytothérapie, qui décida d’arrêter la chimiothérapie et de la traiter à sa manière, avec des plantes, poursuit Franz-Olivier Giesbert.

« Le cas de Zora était désespéré mais, grâce à ce traitement, la phase terminale dura finalement un an et demi. Entretemps, Zora a fait partie, jusqu’à sa mort, de la famille Tapie », raconte le journaliste franco-américain. « Elle retournait régulièrement chez ses parents, mais elle vivait avec nous, elle était comme ma grande sœur. On l’a emmenée aux sports d’hiver à La Sauze, on est aussi allé au Maroc avec elle », a, pour sa part, rapporté Laurent, le fils de Bernard Tapie, qui avait alors douze ans. Zora, elle, en avait quinze.

Durant cette période portée sur l’assistance de la petite Marocaine Zora, Bernard Tapie se battait en même temps contre un double cancer de la gorge et de l’œsophage depuis près de trois ans. Laurent avait aussi témoigné que son père était également atteint d’une tumeur au cerveau, deux dans les reins et dans l’abdomen. Un combat pour Zora que Tapie avait mené en même temps que son propre combat contre la mort, qui l’a finalement emporté, ce dimanche 3 octobre 2021, à l’âge de 78 ans.

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