
L’inquiétude grandit autour de la santé de Kizza Besigye, figure emblématique de l’opposition ougandaise, actuellement incarcéré. Son parti, le Front populaire pour la liberté (People’s Front for Freedom, PFF), a alerté, ce mardi, sur une dégradation jugée « critique » de l’état de santé de l’ancien candidat à la Présidentielle, évoquant une situation médicale préoccupante qui nécessiterait une prise en charge urgente et transparente.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le PFF affirme que « la santé de [son] leader, le Dr Kizza Besigye, a atteint un stade critique et continue de se détériorer ». Selon le parti, l’opposant de 69 ans a été transféré dans la nuit de lundi à mardi de la prison de haute sécurité de Luzira, située dans la capitale Kampala, vers un établissement médical de la ville. Un transfert nocturne qui alimente les spéculations et renforce les craintes de ses soutiens quant à la gravité de son état.
Une détention au cœur de fortes tensions politiques
Kizza Besigye est détenu depuis novembre 2024. Il est poursuivi pour conspiration en vue de renverser le gouvernement ougandais et attend son procès pour trahison. Des accusations qu’il rejette fermement, les qualifiant de purement politiques. Pour ses partisans, cette détention s’inscrit dans une longue série de pressions et de poursuites judiciaires visant à réduire au silence l’une des voix les plus critiques du régime du Président Yoweri Museveni tout fraîchement réélu pour un septième mandat.
Le Front populaire pour la liberté dénonce également ce qu’il considère comme une violation des droits fondamentaux de l’opposant. Le parti exige que les médecins personnels de Kizza Besigye ainsi que les membres de sa famille puissent lui rendre visite « sans restriction ». Selon le PFF, l’ancien candidat à la Présidentielle « se voit refuser son droit à la dignité médicale », une formule qui suggère des conditions de prise en charge jugées insuffisantes ou inadaptées à son état.
Les autorités pénitentiaires minimisent
Face à ces accusations, les autorités ougandaises tentent de rassurer. Un porte-parole du système pénitentiaire a nié toute aggravation sérieuse de l’état de santé de Kizza Besigye. Il a décrit la visite nocturne à l’hôpital comme un simple « bilan de santé », rejetant l’idée d’une urgence médicale majeure. Une version des faits contestée par le parti de l’opposant, qui maintient que la situation est bien plus grave que ce que laissent entendre les autorités.
Ce décalage entre les déclarations officielles et celles de l’opposition contribue à nourrir la méfiance dans un pays où les relations entre le pouvoir et ses opposants sont marquées par une longue histoire de tensions, d’arrestations et d’accusations de répression politique.
Une figure historique de l’opposition ougandaise
Médecin de formation et ancien officier de l’armée ougandaise, Kizza Besigye occupe une place singulière dans la vie politique du pays. Il fut autrefois le médecin personnel du Président Yoweri Museveni, avant de devenir l’un de ses critiques les plus virulents. Ancien président du Forum pour le changement démocratique (FDC), longtemps principal parti d’opposition, il s’est imposé au fil des années comme l’un des principaux visages de la contestation du pouvoir en place.
Candidat à plusieurs reprises à l’élection présidentielle, Kizza Besigye s’est présenté pour la dernière fois en 2016. Il avait ensuite déclaré que participer à des élections en Ouganda était devenu « une perte de temps », estimant que le pays était dirigé par un leader autoritaire dont le maintien au pouvoir repose avant tout sur les forces armées et les services de sécurité.




