Prix découvertes RFI-France 24 : Elemotho « sur un petit nuage »

(Ph : Laurence ALOIR/RFI pour Afrik.com)

Le lauréat 2012 du « Prix Découvertes RFI-France 24 » nous vient tout droit de la Namibie. Elemotho ou la révélation d’un artiste hors du commun.

Cinq jours après la remise du « Prix Découvertes RFI-France 24 » à Dakar, Elemotho a assisté à la cérémonie bis de l’hexagone mercredi soir au New Morning. La salle de concert, marquée par les passages historiques et jazzi d’artistes tels que Art Blakey, George Russell ou encore Stan Getz, se remplit doucement mais sûrement pour découvrir le lauréat de l’année 2012. L’ambiance est chaleureuse. On remarque la présence de l’ambassadrice de Namibie en France, accompagnée de sa délégation. La présidente de l’Audiovisuel extérieur de la France (AEF), Marie-Christine Saragosse, est également de la partie.

Extinction des lumières, projecteurs rivés vers la scène. Ce n’est pas Elemotho mais l’animateur TV et radio Claudy Siar, venu animer la soirée, qui s’approche du micro, rejoint par la journaliste Musiques du Monde chez RFI, Laurence Aloir. Tous deux racontent l’histoire du chanteur namibien. Une véritable découverte, un coup de cœur RFI-France 24.

Un brin de folie rythme l’animation de la soirée, à commencer par le « baiser pour tous » entre les deux présentateurs. Quand Elemotho entre sur scène, ce sont « deux blondes », comme dirait Laurence Aloir en référence à Marie-Christine Saragosse et à la directrice de l’information de RFI, qui sont appelées pour remettre le prix au lauréat 2012. Claudy Siar reprend la parole, un peu trop vite car il commet un lapsus en invitant « l’ambassadrice du Zimbabwe » plutôt que « l’ambassadrice de la Namibie » à les rejoindre sur scène. Mais l’entrée joviale, en cris (surtout) et drapeau namibien aux mains de l’ambassadrice, laisse à imaginer que l’incident diplomatique est évité.

Elemotho est quant à lui « sur un petit nuage ». Les 10 000 euros offerts par RFI et France 24 vont lui permettre, avec son groupe, de voyager tranquillement dans les 25 pays où il est attendu dans ces trois prochains mois, confie le chanteur à Afrik.com. « Les billets d’avion coûtent chers. Cette somme va beaucoup nous aider dans l’exercice de notre métier. Ce n’est qu’un début, c’est génial et je suis ravi de pouvoir aller dans une direction que j’aime », poursuit-il.

Elemotho (Ph : Laurence ALOIR/RFI pour Afrik.com)

Le New Morning au rythme namibien

La scène se vide. Le groupe d’Elemotho, lui, s’y installe. Les premières notes raisonnent, silence dans le club. Elemotho et ses musiciens enchaînent dix merveilles de leur composition. Un mélange entre douceur et punch rythmé par le timbre rock d’une guitare électrique. Le son du tam-tam et des maracas rappelle toutefois l’Afrique. Mais ce qui fait la différence dans cette variété d’instruments est inévitablement la présence d’une flûte traversière jouée par cette musicienne venue tout droit de Sibérie. Une touche polaire qui se marie parfaitement aux couleurs chaudes du groupe.

(Ph : Laurence ALOIR/RFI pour Afrik.com)

Et lorsqu’il se met à chanter, Elemotho impressionne. Envoûte. Sa voix transcende la scène, la salle, le public. Une envolée musicale appuyée par les voix apaisantes de ses deux choristes. Le groupe, très accessible, dégage une joie de vivre sur scène. Le genre d’artistes qui parvient tout aussi bien à vous donner envie de danser que de vous allonger et de se laisser emporter par l’imaginaire.

Ce petit bout d’artiste namibien a su conquérir le cœur du New Morning et aussi et surtout celui d’un public d’Afrique et d’ailleurs. Après la découverte de Sia Tolno en 2011, le cru 2012 semble être une réussite.