
La prison centrale de Kangbayi, localité située à Beni dans la province du Nord-Kivu, a connu une nouvelle évasion. Douze détenus ont réussi à s’évader du pénitencier au cours de la nuit du vendredi 9 au samedi 10 octobre 2026. Une longue série de fuites en RDC.
En RDC, va-t-on vers une banalisation des évasions de prison ? La fréquence des fuites de détenus amène à s’interroger sur le système carcéral du pays. Dans la nuit du vendredi à samedi, douze prisonniers ont encore réussi à mettre à exécution leur plan d’évasion de la prison centrale de Kangbayi. Il s’agit de quatre ressortissants ougandais condamnés pourcondamnés pour le braquage de la coopérative de microfinance PAIDEK, à Beni, en août 2025, ainsi que huit Congolais.
Une évasion préparée de longue date
Selon les premières informations rapportées par des sources pénitentiaires, les détenus auraient profité de la faiblesse de la surveillance nocturne et du nombre insuffisant de policiers affectés à la garde. Leur évasion aurait été préparée avec des lames de scie et des objets métalliques utilisés pour sectionner des dispositifs de sécurité dans les toilettes de la prison.
Les fugitifs auraient ensuite noué des draps et des couvertures pour confectionner une corde, descendre et franchir le mur d’enceinte. Les forces de sécurité ont été alertées après leur départ. Un des évadés a toutefois été rattrapé par des jeunes du quartier Kangbayi, puis remis aux autorités. Les recherches se poursuivent pour retrouver les onze autres.
Une enquête a été ouverte afin de déterminer comment les détenus ont pu contourner les dispositifs de sécurité. Selon les informations disponibles, une tentative d’évasion impliquant des détenus de ce groupe aurait déjà été déjouée environ six mois plus tôt.
Il faut rappeler que la prison ne recevait plus de rations alimentaires depuis le début de 2026 et que 20 décès y ont été recensés au premier trimestre
Kangbayi, une prison régulièrement confrontée aux évasions
La prison de Kangbayi porte les traces d’une longue série de brèches sécuritaires. En juin 2017, une attaque armée avait permis à quelques 930 détenus de s’échapper, tandis que onze personnes avaient été tuées, dont huit membres des forces de l’ordre. Le 20 octobre 2020, l’établissement avait de nouveau été pris pour cible lors d’une attaque attribuée aux combattants des Forces démocratiques alliées (ADF). Environ 1 300 détenus avaient alors réussi à prendre la fuite. Plus récemment, en mai 2026, dix détenus sur douze s’étaient évadés lors de leur transfert du parquet vers la prison. L’incident avait conduit à l’interpellation du responsable chargé de leur escorte, le temps de l’enquête.
Au nombre des raisons qui pourraient expliquer les évasions récurrentes de la prison de Kangbayi, il faut bien relever le nombre de détenus entassés dans la maison d’arrêt. En effet, la prison accueille une population carcérale sans commune mesure avec ses capacités. Conçue pour environ 250 personnes, elle compte actuellement 2 286 détenus, dont 89 femmes rapporte Radio Okapi. Cette surpopulation, qui complique la surveillance et pose de sérieuses questions sur les conditions de détention, est un problème commun à de nombreuses prisons congolaises.





