Présidentielle en Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara dans un fauteuil ?

Le Conseil constitutionnel ivoirien a dévoilé, mercredi, à Abidjan, la liste des candidats retenus pour l’élection présidentielle du 25 octobre prochain. Ils sont 10 personnalités en lice, 23 dossiers ont été écartés.

Face au Président sortant Alassane Ouattara, grand favori de l’élection présidentielle ivoirienne du 25 octobre prochain, ils sont neuf candidats en lice. L’annonce a été faite, ce mercredi 9 septembre 2015, par le Conseil constitutionnel de Côte d’Ivoire, au cours d’une conférence de presse dans la capitale économique, Abidjan. Ils sont 23 autres candidats dont les dossiers ont été refusés notamment pour ne pas avoir payé la caution de 20 millions de Francs CFA ou pour avoir fourni un dossier incomplet.

Les indéboulonnables de la politique ivoirienne

Charles Konan Banny, un des frondeurs du PDCI, fait partie des principaux opposants, ainsi que les deux autres dissidents de ce même parti également candidats: Kouadio Konan Bertin et Essy Amara. Ils avaient décidé de s’opposer à « l’Appel de Daoukro » lancé par le président du parti, Henri Konan Bédié, pour soutenir Alassane Ouattara dès le premier tour. Mamadou Koulibaly du LIDER et Pascal Affi N’Guessan du FPI sont aussi présents. Deux femmes sont également dans la course : Henriette Lagou et Kouangbo Jacqueline Claire.

Les 10 candidats en course pour l’élection présidentielle ivoirienne :

1-Kouadio Konan Bertin

2-Pascal Affi N’Guessean

3-Charles Konan Banny

4-Henriette Lagou

5-Mamadou Koulibaly

6-Alassane Ouattara

7-Kouadio Simeon

8-Essy Amara

9-Kouangbo Jacqueline Claire

10-Gnangbo Kacou

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Aucun d’eux n’apparaît comme pouvant sérieusement menacer la réélection annoncée d’Alassane Ouattara. Il pourrait se faire élire dès le premier tour face à une opposition divisée, même si des alliances avant le second tour ne sont pas encore à exclure. « Je suis convaincu qu’aucun candidat ne peut être élu au premier tour », veut se convaincre Essy Amara sur RFI.

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Les principaux courants de la politique ivoirienne sont présents, encore une fois, à l’exclusion notable des frondeurs du Front populaire ivoirien (FPI). Parmi les plus fidèles à l’ex-Président Laurent Gbagbo actuellement en attente de procès dans la prison de La Haye, ils ont décidé de boycotter le scrutin. Ils critiquent la mainmise du chef de l’Etat sur les organes de régulation du processus électoral. Ils opposent également à Alassane Ouattara l’article 35 de la Constitution qui l’exclut de fait du scrutin. Celui-ci stipule que le président de la République doit être Ivoirien, né de père et de mère eux-mêmes Ivoiriens.

Une manifestation de mécontentement prévue

En 2000, cet article de la Constitution ivoirienne avait entraîné l’exclusion de l’actuel Président de la Présidentielle dont la candidature a été permise en 2010 quand Laurent Gbagbo a mis en œuvre l’article 48, dans un contexte de crise. La jeunesse de la Coalition nationale pour le changement (CNC), qui regroupe des opposants au chef de l’Etat dont l’aile radicale du FPI, a appelé à des manifestations, ce jeudi, sur l’ensemble du territoire. Elle estime que les conditions d’« une élection apaisée ne sont pas réunies » et a indiqué vouloir éviter une crise post-électorale.

« Il n’y a vraiment plus de raison pour que (le gouvernement) fasse marche arrière. Toutes les grandes décisions sur le corps électoral, la composition de la CEI et toutes les grandes décisions ont fait l’objet de discussion, d’annonce, partout. Nous avons nous-mêmes parcouru le pays pour que nos frères aillent se faire enrôler », a rétorqué, mercredi, le porte-parole du gouvernement, Bruno Koné. Il a mis en garde l’opposition en indiquant qu’elle aura à répondre des dérives qui adviendraient lors de la mobilisation de ce jeudi.