
À Djibouti, l’opposition refuse de cautionner une élection sans suspense. En ce jour de scrutin présidentiel du 10 avril, l’Alliance Républicaine pour le Développement (ARD) et ses alliés dénoncent un processus électoral verrouillé, taillé sur mesure pour offrir un sixième mandat au président sortant Ismaïl Omar Guelleh.
En cette journée d’élection présidentielle djiboutienne du 10 avril, l’Alliance Républicaine pour le Développement (ARD), principal parti d’opposition, a réaffirmé sa décision de boycotter le scrutin, en coordination avec la coalition du Bloc pour le Salut National (BSN). Le parti dénonce une « mascarade électorale » destinée à légitimer un sixième mandat du président Ismaïl Omar Guelleh, au pouvoir depuis 1999.
Un scrutin sans suspense selon l’opposition
Dans un communiqué signé depuis Paris par son représentant en Europe, Maki Houmed-Gaba, l’ARD fustige un processus électoral verrouillé, dépourvu de transparence et entièrement contrôlé par l’appareil d’État. Selon lui, « les conditions minimales d’une compétition démocratique ne sont pas réunies ». Le parti qualifie la présidentielle de « mise en scène destinée à légitimer un pouvoir déjà installé ».
Le seul candidat face à Ismaïl Omar Guelleh est Mohamed Farah Samatar, leader du Centre des Démocrates Unifiés (CDU), un petit parti dirigé par un ancien membre du parti présidentiel. L’opposition structurée, ARD, MRD (Mouvement pour le Renouveau Démocratique et le Développement) et leurs alliés du BSN, boycotte les présidentielles depuis 2016. En 2021, Guelleh avait remporté 97 % des voix.
L’ARD en appelle à la communauté internationale
Le parti exhorte les partenaires régionaux et internationaux à « prendre acte de la gravité de la situation » à Djibouti. Il plaide pour un dialogue politique inclusif, la création d’une commission électorale indépendante et des réformes profondes garantissant le pluralisme. L’ARD affirme qu’une « transition démocratique négociée » est la seule issue pour sortir ce pays de l’impasse politique.
Ce boycott intervient dans un climat de crispation accrue : en novembre 2025, le Parlement a levé la limite d’âge de 75 ans pour les candidats à la présidence, permettant à Guelleh, 77 ans, de briguer un sixième mandat. Freedom House classe Djibouti en catégorie « non libre » (24/100), tandis que Reporters sans frontières place le pays au 168ᵉ rang mondial pour la liberté de la presse.



