Pimprenelle et Yamina

Yamina Benguigui est en compétition au Fespaco avec son court-métrage  » Pimprenelle « . Un film doux-amer sur le racisme au quotidien.

 » Viens… sous le soleil des Tropiques !  » La chanson de Gilbert Montagné résonne dans la cage d’escalier d’un immeuble cossu.  » On va s’aimer… sur une étoile ou sur un oreiller « . Un anniversaire bat son plein. Les mômes ont autour de 8 ans, les petites filles portent des robes à smocks et sautillent sur la musique. Ainsi commence le court-métrage de Yamina Benguigui,  » Pimprenelle « .

Pimprenelle, c’est la fée. Une fée qui dans l’imaginaire occidental est forcément blonde et diaphane et a forcément les yeux bleus. Mais la fée de Yamina Benguigui s’appelle Soria. Elle est marocaine, a des cheveux d’ébène et des yeux de jais. Elle vient animer le goûter et se fait recevoir très sèchement par la maîtresse de maison et sa bonne.  » Il doit y avoir une erreur. Nous avions demandé une fée.  »

Histoire vraie

Malgré cet accueil glacial, Soria fait son travail. Une fois habillée et parée de ses atours féériques, elle entre dans la pièce principale. Les enfants ouvrent des yeux immenses, non pour le teint caramel de Soria mais parce-qu’elle est la fée. L’émerveillement des enfants balaie pour un temps les a priori racistes.

Ecrit par Sauveur Carlus et réalisé par Yamina Benguigui dans le cadre de  » Pas d’histoires ! 12 regards sur le racisme au quotidien « ,  » Pimprenelle  » est sélectionné au Fespaco dans la catégorie  » courts-métrages « . Le film est tiré d’une histoire vraie, celle de Soria Mouffakir qui y joue son propre rôle.

La réalisatrice a déjà reçu le prix spécial du jury du Fespaco en 1997 pour le deuxième volet de son documentaire en trois parties,  » Femmes d’Islam « .