Ouagadougou : le capitaine Ibrahim Traoré durcit la lutte contre la corruption


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Ibrahim Traoré, président du Burkina Faso
Ibrahim Traoré, président du Burkina Faso

Le Burkina Faso durcit sa lutte contre la corruption. Le samedi 31 janvier 2026, le porte-parole du KORAG, le commandant Kiswendsida Farouk Azaria Tobouan Sorgho, a dévoilé une série de mesures répressives inédites. Le régime militaire entend désormais passer d’une phase de sensibilisation à une politique de sanctions immédiates et visibles.

Cette stratégie, présentée comme une « révolution progressiste populaire », cible en priorité les pratiques jugées endémiques au sein de l’administration publique.

La technologie au service de la transparence routière

L’une des réformes les plus concrètes concerne les contrôles routiers, souvent pointés du doigt comme des foyers de racket. Pour supprimer tout contact financier entre l’usager et l’agent, le gouvernement introduit les cartes de réquisition « Laabal ». Le principe est simple : en cas d’infraction, les documents sont retirés contre une carte, et l’amende doit être réglée par voie électronique directement au Trésor public. Ces fonds seront ensuite réalloués au renforcement de la sécurité nationale et au développement. Pour renforcer l’aspect pédagogique, le contrevenant ne pourra récupérer ses papiers qu’après avoir effectué des travaux d’intérêt communautaire.

Des agents infiltrés et des vidéos de flagrants délits

Pour débusquer les fonctionnaires « récalcitrants », le régime militaire déploie désormais des agents infiltrés munis de caméras cachées. Cette stratégie de « preuve par l’image » a déjà porté ses fruits : les premières séquences montrant des policiers, un médecin chirurgien et un fonctionnaire en plein acte de corruption ont été diffusées sur la télévision nationale. Le gouvernement prévient que ces diffusions publiques deviendront systématiques pour servir d’avertissement. Tout agent public pris en flagrant délit s’expose désormais à des sanctions immédiates, ce qui met fin à toute période de tolérance ou de lenteur administrative.

Une justice sous pression et le scandale des primes VDP

Cette annonce intervient alors qu’un procès emblématique s’ouvre ce lundi 2 février et implique une dizaine de magistrats et d’avocats accusés de trafic d’influence et de corruption. Le climat est d’autant plus tendu que des soupçons de détournement de primes destinées aux Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) agitent l’opinion. Interpellé à ce sujet, le Premier ministre Rimtalba Jean-Emmanuel Ouédraogo a assuré que toute spoliation des supplétifs de l’armée serait traitée avec la plus grande rigueur. Il a affirmé que les suspensions signalées relevaient uniquement de sanctions administratives. Le gouvernement exhorte désormais les populations à utiliser le Centre national d’appel (le 199) pour signaler toute tentative de corruption.

Fidele K
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Fidèle K est journaliste et rédactrice spécialisée, passionné par l'Afrique et ses dynamiques politiques, culturelles et sociales. A travers ses articles pour Afrik, elle met en lumière les enjeux et les réalités du continent avec précision et engagement.
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