Période de troubles en Guinée

La Marche de l’opposition, interdite par le pouvoir, s’est déroulée à Conakry à l’appel des principaux leaders de l’opposition. Bilan : au moins deux morts et de nombreux blessés lors d’affrontements avec les forces de l’ordre. L’opposition dénonçait la tenue des élections législatives prévues pour la fin d’année, qu’elle considère comme truquées.

Deux ans exactement après le massacre du stade du 28 septembre qui avait fait plus d’une centaine de morts, le sang a de nouveau coulé à Conakry. Malgré de longues discussions lundi entre l’opposition et le pouvoir, la grande Marche de mardi avait été maintenue par l’opposition sans l’accord du gouvernement. L’objectif des manifestants était de protester contre la nomination, jugée partiale, de la CENI, Commission Electorale Nationale Indépendante, chargée d’encadrer les élections législatives prévues fin décembre 2011. Pour l’opposition, un trucage de l’élection à grande échelle serait en préparation.

Le pouvoir ayant interdit la manifestation, la police a bloqué tous les accès au stade du 28 septembre afin d’empêcher le rassemblement. Rapidement de jeunes opposants ont cherché à forcer le passage et à lancer des pierres. La police a alors riposté avec des tirs de gaz lacrymogènes et des coups de matraques. Au final, au moins deux personnes sont décédées et plusieurs dizaines sont blessées. Pouvoir et opposition s’accusent réciproquement d’être responsables des débordements et la situation reste très tendue à Conakry. Cette répression brutale alors que les policiers auraient simplement dû encadrer la manifestation, donne l’impression qu’Alpha Condé s’enferme dans un système de plus en plus dictatorial, et ce en particulier depuis la tentative de coup d’état ratée 19 juillet dernier, menée par des militaires. Cette dérive était déjà dénoncée par l’ancien premier ministre et actuel chef de l’opposition, Cellou Dalein Diallo Interviewé par afrik.com en avril dernier.

L’armée, puissante en Guinée, n’était pas présente dans les rues ce mardi, seule la garde nationale et la police étaient opposées aux manifestants.