
Cinq ans après les premières révélations sur le logiciel espion Pegasus, de nouvelles publications relancent le dossier en plaçant une nouvelle fois le Maroc au cœur des débats. Ces enquêtes évoquent de nouveaux éléments, tandis que plusieurs documents officiels, rapports parlementaires et prises de position de NSO Group rappellent que l’utilisation du logiciel concerne un nombre important d’États à travers le monde. Les procédures judiciaires et les investigations engagées dans plusieurs pays restent, pour leur part, toujours en cours.
Les révélations publiées ces derniers jours replacent l’affaire Pegasus au premier plan de l’actualité internationale. Plusieurs médias membres d’un consortium d’investigation ont diffusé de nouveaux éléments portant sur l’utilisation présumée du logiciel espion développé par la société israélienne NSO Group, avec des références récurrentes au Maroc.
Des éléments supplémentaires versés au dossier
Ces publications interviennent dans un contexte diplomatique particulier. Avec notamment une visite officielle française à Rabat. Les nouveaux documents diffusés s’inscrivent dans la continuité des investigations engagées depuis 2021 autour des capacités de surveillance offertes par Pegasus et des États soupçonnés d’y avoir eu recours.
Les nouvelles enquêtes s’appuient notamment sur plusieurs sources présentées comme inédites. Elles citent une note attribuée à la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), des documents issus de la procédure judiciaire opposant WhatsApp à NSO Group aux États-Unis ainsi que le témoignage d’un homme présenté sous le pseudonyme de « Safir ». Ce dernier est décrit comme un ancien membre des services de renseignement marocains.
Des téléphones de responsables français évoqués
Selon ces publications, ces différents éléments alimenteraient les investigations ouvertes sur une utilisation présumée du logiciel Pegasus. Toutefois, aucun document rendu public ne désigne officiellement l’autorité ayant conduit les opérations techniques évoquées ni le titulaire de la licence utilisée. Les nouvelles investigations mentionnent également des analyses réalisées sur plusieurs téléphones appartenant à d’anciens membres du gouvernement français.
Parmi les responsables cités figurent Sébastien Lecornu, Florence Parly, Jacqueline Gourault, Julien Denormandie, Emmanuelle Wargon et François de Rugy. Les publications indiquent que certains appareils présenteraient des traces compatibles avec des marqueurs techniques associés à Pegasus. Elles précisent néanmoins que ces éléments ne permettent pas, à eux seuls, d’identifier l’origine des opérations ni l’auteur des éventuelles intrusions.
Une méthodologie qui distingue plusieurs niveaux de ciblage
Les nouvelles publications reviennent également sur les données techniques déjà rendues publiques en 2021. Elles rappellent que les listes de numéros de téléphone ne correspondent pas systématiquement à des appareils effectivement compromis. Les documents distinguent plusieurs catégories : les téléphones infectés, ceux ayant fait l’objet d’une tentative d’intrusion, les numéros simplement présélectionnés pour d’éventuelles opérations ainsi que des terminaux utilisés lors de tests techniques.
Cette classification est présentée comme un élément important pour interpréter les données associées au logiciel. Depuis plusieurs années, NSO Group affirme que Pegasus est commercialisé exclusivement auprès d’États et d’organismes gouvernementaux autorisés. Selon l’entreprise, plusieurs dizaines d’administrations réparties dans une quarantaine de pays ont acquis ses technologies.
Des précédents dans plusieurs pays européens
Le Parlement européen, à travers les travaux de sa commission PEGA, a également recensé des utilisateurs dans au moins quatorze États membres de l’Union européenne. D’autres rapports, notamment ceux du Citizen Lab, font état d’activités liées à Pegasus dans plusieurs dizaines de pays à travers le monde. Les investigations menées ces dernières années ont également concerné plusieurs États européens.
En Espagne, les autorités ont enquêté sur des intrusions visant notamment des responsables politiques et plusieurs personnalités liées au mouvement indépendantiste catalan. Des affaires similaires ont été signalées en Pologne, en Hongrie et en Grèce, où des enquêtes ont porté sur l’utilisation présumée de logiciels de surveillance contre des responsables politiques, journalistes ou membres de la société civile.
Le dossier Pegasus reste ouvert
Ces dossiers ont donné lieu à différentes procédures nationales et parlementaires. Depuis les premières révélations de 2021, plusieurs procédures judiciaires, enquêtes parlementaires et expertises techniques se poursuivent dans différents pays. Les nouvelles publications diffusées en juillet 2026 s’inscrivent dans cette continuité et apportent de nouveaux éléments versés au débat public.
Au jours d’aujourd’hui, aucune décision judiciaire définitive n’a établi les responsabilités concernant l’ensemble des opérations évoquées dans les différentes enquêtes. Les investigations se poursuivent dans plusieurs juridictions. Toutefois, les documents récemment publiés relancent les discussions autour de Pegasus, de son utilisation et des États cités dans ce dossier international.




