Paul Kagame nie tout lien avec le M23 et accuse l’ONU de soutenir les FDLR

Paul Kagame du Rwanda
Paul Kagame, Président du Rwanda

Le chef de l’Etat rwandais, Paul Kagame, a nié toute implication de son pays dans les tensions au Nord-Kivu, en RDC, où s’affrontent l’armée congolaise et les rebelles du M23. Le dirigeant a par ailleurs accusé la mission de l’ONU en RDC de soutenir les rebelles des FDLR actifs au Rwanda.

La tension est vive dans l’Est de la République Démocratique du Congo où les rebelles du M23 ont multiplié les exactions, faisant fi des accords signés entre les Présidents Paul Kagame et Félix Tshisekedi, respectivement du Rwanda et de la RDC. Mercredi 6 juillet dernier, en effet, lors d’un sommet tripartite organisé à Luanda, en présence du Président angolais, João Lourenço, les deux dirigeants étaient parvenus à un accord de cessez-le-feu, pour apaiser les tensions au Nord-Kivu, dans l’Est de la RDC.

Dès le lendemain, le M23 a repris les armes. Jeudi 7 juillet, il a même été attribué au M23 le massacre d’au moins treize personnes et le saccage d’un hôpital qui a même été incendié. Pour Kinshasa, Kigali n’est pas étranger à ces exactions du M23 sur son sol. Les deux pays s’accusent mutuellement. Interpellé hier vendredi 8 juillet 2022 par France 24, Paul Kagamé dégage toute responsabilité et assure qu’il n’y a aucun lien entre son pays le Rwanda et les rebelles du M23.

«Prendre une seule de ces parties et dire que c’est le Rwanda qui est en tort»

Accusé de soutenir financièrement, militairement les rebelles du M23 qui ont des armes bien plus puissantes, Kagame rejette. «Le M23, ce n’est pas le problème du Rwanda, ce ne sont pas des Rwandais. Nous, on n’a pas besoin d’eux pour quoi que ce soit. Deuxièmement, ce ne sont pas gens qui sont venus du Rwanda. Alors, pourquoi est-ce qu’on va mélanger ce problème du M23 avec le problème du Rwanda ? Je n’en sais rien», lance le dirigeant.

Paul Kagame, qui reconnait que «c’est un problème complexe», insiste : «il y a beaucoup de parties qui participent». Selon lui, difficile de comprendre qu’on s’évertue à «prendre une seule de ces parties et dire que c’est le Rwanda qui est en tort». Des accusations allant dans le sens que son pays «est au cœur du problème». Le Président rwandais va plus loin, évoquant «les autres problèmes». Il cite nommément les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda), groupe armé formé en République Démocratique du Congo.

Selon le dirigeant rwandais, l’urgence est de savoir «comment protéger notre territoire des incursions des FDLR qui travaillent avec le gouvernement du Congo». Outre la RDC, Kagame accuse la MONUSCO (Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en république démocratique du Congo) qui, dit-il, «soutient le FDLR en sachant très bien qu’ils travaillent avec les autres». Et le chef de l’Etat de demander : «Pourquoi est-ce qu’on ne parle pas de ça ? ».