Patassé en convalescence chez Omar Bongo

La Centrafrique est au centre d’un ballet diplomatique régional. Après le sommet de Khartoum, c’est à Libreville, au Gabon, que les présidents des pays voisins se pencheront sur le sort de la République centrafricaine.

Crise politique. L’instabilité chronique de la Centrafrique a été au centre du sommet de Khartoum lundi dernier. Les présidents ou représentants de la Centrafrique, du Soudan, du Tchad, de la Libye et de la Zambie ont décidé de créer une force de maintien de la paix et de la sécurité en Centrafrique.  » Nous n’avons pas plus d’informations. Il faut attendre la fin du sommet de Libreville pour voir concrètement s’il y a des avancées concernant cette force d’interposition « , explique-t-on à Bangui.

Le cas de l’ancien chef d’état-major de l’armée centrafricaine François Bozizé envenime les relations entre N’Djamena et Bangui. Depuis la fuite de ce dernier vers le Tchad, Ange Félix Patassé craint un nouveau front au nord. Or, le Tchad refuse obstinément d’arrêter François Bozizé.

Réconcilier les frères

A Khartoum, toutes les parties ont convenu de la création d’un comité politique, présidé par le président soudanais Omar Al Bachir, qui sera chargé de nouer des contacts pour préserver l’unité de la Centrafrique. En clair, ce comité aura pour tâche de rapprocher l’opposition, dont l’ancien chef d’état-major et l’ancien président André Kolingba, du régime d’Ange Félix Patassé.  » La Libye soutient le président en poste alors que le Tchad, même si officiellement il affiche sa neutralité, ne verrait pas d’un mauvais oeil la chute de Patassé. Omar Bongo aura fort à faire pour réconcilier les frères ennemis « , explique un diplomate occidental.

C’est ce mardi après-midi que le président gabonais tiendra un sommet sur la crise africaine. Les chefs d’Etat Ange-Félix Patassé de Centrafrique, Idriss Deby du Tchad se retrouveront à Libreville en présence de Denis Sassou Nguesso, président du Congo. Le président camerounais Paul Biya n’a pas confirmé sa présence. En guise d’ouverture, Patassé a appelé ses opposants exilés à rentrer au pays.

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