
Face à une grève qui paralyse l’école gabonaise depuis près de deux mois, le président Brice Oligui Nguema s’est rendu dans deux lycées de Libreville pour apaiser les tensions. En se présentant comme « fils d’enseignant », il a promis une résolution progressive des revendications. Mais sur le terrain, la reprise des cours reste contestée par plusieurs collectifs.
Le climat social reste sous haute tension dans le secteur de l’éducation au Gabon. Alors que le service public est paralysé depuis près de deux mois par un mouvement de grève persistant, le président d, le général Brice Clotaire Oligui Nguema, a choisi de descendre sur le terrain pour tenter de désamorcer la crise. Cette initiative présidentielle intervient dans un contexte de méfiance où le dialogue entre le gouvernement et les syndicats semble plus que jamais fragile.
Une immersion symbolique au cœur de Libreville
Lundi dernier, le chef de l’État a effectué une visite remarquée dans les deux plus prestigieux établissements de la capitale, le lycée technique Omar Bongo et le lycée national Léon Mba. Loin des protocoles rigides, Brice Clotaire Oligui Nguema s’est offert un véritable bain de foule, multipliant les poignées de main avec les élèves et les membres du corps enseignant.
Si cette présence physique visait à rassurer sur la volonté des autorités de voir l’école reprendre ses droits, elle a surtout servi de cadre à un message de solidarité diffusé par la suite sur les canaux de communication officiels de la présidence.
L’argument de la filiation pour briser la glace
Pour toucher le cœur des grévistes, le président a misé sur une approche personnelle et émotionnelle. En se présentant comme un « fils d’enseignant », il a affirmé comprendre intimement les difficultés quotidiennes et la précarité dont souffrent les professionnels de l’éducation.
Dans une déclaration directe, il a assuré prendre les dossiers de leurs revendications « à bras-le-corps », tout en promettant une résolution méthodique et progressive des problèmes accumulés, notamment le gel des salaires qui dure depuis maintenant une décennie.
Une reprise des cours contestée sur le terrain
Malgré l’optimisme affiché par le palais de la Rénovation, qui se réjouit de voir des « visages rayonnants » de retour en classe, la réalité semble plus nuancée dans le reste du pays. Plusieurs collectifs, dont celui des « enseignants précarisés », rejettent l’idée d’un retour à la normale.
Pour ces derniers, les annonces gouvernementales restent insignifiantes face à la cherté de la vie. Ils dénoncent par ailleurs des manœuvres d’intimidation, citant des contrôles de présence rigoureux et des pressions administratives exercées par le ministère de l’Éducation nationale pour forcer la reprise du travail.
L’ombre de la répression et l’exigence de garanties
Le mouvement de contestation reste marqué par les récentes arrestations de figures syndicales majeures, telles que Marcel Libama et Simon Ndong Edzo, dont la brève détention en janvier a radicalisé une partie des troupes. Si le gouvernement s’est engagé à régulariser la situation de 4 000 enseignants d’ici la fin du mois de février, le collectif SOS Éducation pointe du doigt l’insuffisance de cette mesure, rappelant que le pays compte environ 16 000 agents.
Entre promesses de régularisation et maintien du piquet de grève, l’école gabonaise se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins, suspendue à la concrétisation des engagements pris par le fils d’enseignant devenu chef de l’État.




