
En trois ans, la Côte d’Ivoire a fait chuter la mortalité liée au paludisme de plus de 90%. Une progression rapide qui contraste avec la stagnation observée dans de nombreux pays africains, encore fortement touchés par la maladie.
Côte d’Ivoire : une baisse rapide de la mortalité palustre
Entre 2022 et 2025, le nombre de décès dus au paludisme en Côte d’Ivoire est passé de 1 534 à 125, selon les données communiquées par le ministre de la Santé, Pierre N’gou Dimba, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, le 25 avril à Anyama, dans la périphérie d’Abidjan.
Cette baisse s’inscrit dans un renforcement des politiques de prévention. Le taux d’utilisation des moustiquaires imprégnées à longue durée d’action a progressé, passant de 68% en 2021 à 81% en 2025. Le déploiement de la vaccination antipaludique, les campagnes de chimioprévention saisonnière et l’amélioration de l’accès aux soins, notamment en zones rurales, ont également accompagné cette évolution.
Les autorités ivoiriennes affichent désormais un objectif d’élimination du paludisme à l’horizon 2030, avec un financement reposant en grande partie sur des ressources nationales.
Malgré ces avancées, le paludisme reste un poids majeur pour le système de santé. Il représente encore près de 30% des consultations dans les structures sanitaires et demeure la première cause de morbidité chez les enfants de moins de cinq ans. En 2025, l’incidence atteignait 231 cas pour 1 000 habitants, signe que la circulation du parasite reste élevée.
Afrique : une lutte contre le paludisme en perte de vitesse
À l’échelle du continent, la situation est plus contrastée. L’Afrique concentre environ 95% des décès mondiaux liés au paludisme. D’après les dernières estimations de l’Organisation mondiale de la santé, environ 282 millions de cas et plus de 600 000 décès ont été recensés en 2024.
Le nombre de cas a même légèrement augmenté par rapport à l’année précédente, illustrant l’essoufflement des progrès enregistrés depuis le début des années 2000.
Quelques pays affichent néanmoins des trajectoires encourageantes, comme le Rwanda, le Ghana, l’Éthiopie ou le Zimbabwe. Le Cap-Vert et l’Égypte ont, eux, été certifiés exempts de paludisme par l’OMS en 2024. Mais dans une grande partie de l’Afrique subsaharienne, les indicateurs stagnent depuis plusieurs années.
Financement et résistances : les freins persistants
Deux obstacles majeurs continuent de freiner la lutte contre la maladie. D’une part, l’émergence de résistances aux traitements à base d’artémisinine, identifiées dans plusieurs pays africains. D’autre part, un déficit de financement persistant : en 2024, les investissements mondiaux atteignaient 3,9 milliards de dollars, loin des 9,3 milliards jugés nécessaires à court terme.
Dans ce contexte, la trajectoire ivoirienne apparaît comme un signal positif. Elle illustre l’impact que peuvent avoir des politiques de prévention renforcées et relativement bien financées.




