Ouganda : le retour du roi Oyo plonge le royaume de Tooro dans le deuil


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Le roi Oyo
Le roi Oyo

L’Ouganda a vécu ce vendredi 4 septembre une journée chargée d’émotion. La dépouille du roi Oyo Nyimba Kabamba Iguru Rukidi IV, souverain du royaume traditionnel de Tooro, est arrivée à l’aéroport international d’Entebbe, marquant le début d’une semaine d’hommages avant ses funérailles prévues le 12 septembre.

Mort aux États-Unis à l’âge de 34 ans après avoir été soigné pour un cancer, le roi Oyo aura régné pendant près de 31 ans. Son cercueil, accueilli avec les honneurs, a été reçu par le Président Yoweri Museveni en personne, entouré de membres du gouvernement, de responsables religieux et de représentants de la famille royale.

Une arrivée avec les honneurs de la nation

À Entebbe, l’atmosphère était solennelle. Après la cérémonie officielle, la dépouille a été transportée vers Kyegegwa avant de poursuivre son dernier voyage jusqu’à Fort Portal, capitale du royaume de Tooro.

Sur les routes menant à la ville, des milliers de personnes se sont massées pour saluer une dernière fois leur souverain. Beaucoup ont attendu pendant des heures le passage du cortège, témoignant de l’attachement que le roi avait su conserver auprès de ses sujets.

Le palais de Karuzika, la dépouille doit rester exposée afin de permettre aux populations de venir se recueillir. Des prières et plusieurs cérémonies traditionnelles rythmeront les neuf jours de deuil.

Un roi monté sur le trône à trois ans

Oyo avait trois ans lorsqu’il est devenu Omukama de Tooro en 1995, après la mort de son père. Cette accession exceptionnelle au trône avait fait de lui le plus jeune monarque régnant au monde, selon le Livre Guinness des records.

Mais derrière ce record se trouvait surtout une longue trajectoire royale. Devenu adulte, Oyo avait progressivement assumé son rôle et s’était investi dans des questions dépassant les frontières de son royaume, notamment la jeunesse, la santé et la protection de l’environnement. Le Parlement ougandais lui a également rendu hommage, saluant un souverain qui avait marqué son époque malgré la brièveté de sa vie.

Il faut préciser que le Tooro est l’un des royaumes traditionnels reconnus par la Constitution de l’Ouganda. Bien que le pays soit une république avec un Président élu, le roi Oyo possédait une influence culturelle et symbolique majeure sur plus de deux millions de personnes, comme c’est souvent le cas dans plusieurs pays africains.

Le 12 septembre, dernier hommage

Le roi Oyo sera inhumé le 12 septembre aux tombes royales de Karambi, à Fort Portal. Cette date revêt une portée particulière puisqu’elle correspond au 31e anniversaire de son couronnement.

Le gouvernement ougandais a pris en charge l’organisation des funérailles et une grande partie des frais liés au rapatriement et aux soins du souverain. Yoweri Museveni, qui avait d’ailleurs été l’un des régents du jeune souverain pendant sa minorité, avait lui-même ordonné la mise en place d’un dispositif national pour assurer des obsèques à la hauteur de son rang. Ainsi s’achève le règne d’un roi qui avait commencé dans l’enfance et s’est terminé beaucoup trop tôt.

Serge Ouitona
Serge Ouitona, historien, journaliste et spécialiste des questions socio-politiques et économiques en Afrique subsaharienne.
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