Ouganda : le bilan de l’enquête

Le bilan exact des victimes de la secte  » Mouvement pour la restauration des dix commandements de Dieu « , ne sera sans doute jamais connu. La police penche pour un monstrueux fait divers, aux mobiles crapuleux.

Difficile d’établir un bilan de l’enquête en cours sur les massacres d’environ 1 000 fidèles du  » Mouvement pour la restauration des Dix commandements de Dieu « , en Ouganda. Depuis une première découverte de quelque 400 cadavres carbonisés dans une église de la secte, à Kanungu dans le sud-ouest du pays, les prisonniers de droit commun réquisitionnés par la police ont découvert six autres fosses communes dans un désordre difficilement descriptible.

La police locale est dépassée par l’ampleur d’un drame auquel elle n’est pas préparée.

Elle n’emploie qu’un seul médecin légiste. Les deux autres disponibles dans le pays ont refusé de travailler sur cette affaire.

Dans ce pays malmené par les dictatures d’Amine Dada et de Milton Obote, laminé par les guerres civiles et la pauvreté qui ont fait imploser les familles – d’où la présence de nombreux enfants parmi les victimes -, l’identification des victimes est pour le moins sommaire.

Dans les villes de Kanungu, Buhunga et Rugazi, nombre de corps ont été remis en terre sans qu’un expert ne les ait examinés.

Gourous introuvables

Impossible dans ces conditions de savoir si les gourous font partie des victimes.  » Nous considérons qu’ils sont vivants parce que nous n’avons pas la preuve qu’ils sont morts  » a déclaré la police qui a lancé (en vain) une opération commando au siège d’une autre secte pour mettre la main sur Joseph Kibwetere et Credonia Mwerinde, les leaders du Mouvement.

La police suspecte les fondateurs de cette secte, (composé d’une ancienne prostituée et d’un cacique local qui s’est essayé à la politique, avant de verser dans la religion, après quelques séjours en hôpital psychiatrique) d’avoir obéi à des mobiles bien matériels : l’argent.

Les enquêteurs n’ont trouvé aucune trace de la fortune accumulée par le Mouvement sur le dos de ses adeptes, qui étaient recrutés en priorité parmi les petits propriétaires terriens. Ce magot constituerait pourtant un sérieux mobile.

Les prédictions de fin du monde ne s’étant pas réalisées, les fidèles ont- ils commencé à avoir des doutes ? Si tel était le cas, la secte apocalyptique leur en aurait donné pour leur argent.