Ouganda : l’Armée de résistance du Seigneur demeure une menace pour les populations

L’insurrection de l’Armée de résistance du Seigneur qui a débuté en 1986 reste, en 2012, une menace mortelle pour les populations civiles ougandaise, sud-soudanaise, congolaise et centrafricaine. Ces trois dernières années, en dépit du soutien de l’Union africaine et des États-Unis, les opérations ont échoué à empêcher ce groupe armé d’agir.

Depuis 2001, l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), dirigée par Joseph Kony, est placée sur la liste officielle des organisations terroristes selon les États-Unis et, depuis 2005, son chef est visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
La lutte s’est accentuée contre cette armée nomade et porte aujourd’hui ses fruits, sans toutefois parvenir à son but ultime : sa disparition. Selon le ministre ougandais de la Défense, Crispus Kiyonga, 50% des responsables de haut niveau de la LRA et 25% des combattants auraient été tués au cours des dernières opérations. Le nombre de combattants ne serait plus que de quelques centaines, malgré la perpétuation des attaques. La dernière date de fin juin, contre le site d’Areva à Bakouma en Centrafrique. Durant ces trois dernières années, la LRA a fait, selon les ONG, plus de 2 400 morts et a enlevé au moins 3 400 personnes. De leurs côtés, l’Union africaine (UA) et les Etats-Unis peinent à empêcher la LRA de continuer d’agir.

Face à ces nombreuses pertes, les enlèvements et les enrôlements de force se multiplient. On estime aujourd’hui que les enfants soldats constituent 80% des effectifs de forces combattantes. Cette situation force, selon l’Unicef, environ 40 000 enfants à quitter chaque nuit leur village pour se réfugier dans les rues des villes du Nord de l’Ouganda.

Le groupe armé a pour objectif officiel le renversement du président ougandais, Yoweri Museveni, afin d’établir un régime fondé sur les Dix Commandements de la Bible.

Après des années d’attentisme, les États-Unis et l’UA s’engagent

En mai 2010, le Congrès américain a voté la Lord’s Resistance Army Disarmament and Nothern Uganda Recovery Act of 2009, afin de parvenir au désarmement de la LRA. L’année suivante, des conseillers militaires se sont rendus en Ouganda, en RDC, en Centrafrique et au Soudan du Sud, pour organiser la lutte de la région contre les forces rebelles et la capture de Joseph Kony. Cette participation des États-Unis a notamment été saluée par le collectif Invisible Children, qui a mis en ligne sur Youtube en février 2012, une vidéo de trente minutes dénonçant les actions du chef rebelle, (disponible ci-dessous).

L’Union africaine a, quant à elle, décidé, le 24 mars 2012, de déployer sur place une force multinationale de 5 000 hommes, basée à Yambio, au Soudan du Sud. Cette force doit travailler en étroite collaboration avec les conseillers américains sur le terrain et devrait bénéficier du soutien financier de l’Union européenne.

Cependant, même si la LRA a essuyé de nombreuses pertes, sa mobilité et son expérience en font toujours une redoutable machine de guerre. Ainsi, bien que la première puissance mondiale et l’UA se soient engagées à obtenir sa reddition ou son démantèlement, la LRA reste le cauchemar des populations civiles de la région.

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