OTAN : le drame de Melilla est en partie dû à la faim, estime José Manuel Albares

José Manuel Albares, ministre des Affaires étrangères d'Espagne
José Manuel Albares, ministre espagnol des Affaires étrangères

Le sommet de l’OTAN s’est achevé ce jeudi 30 juin 2022, à Madrid, en Espagne. Le drame des migrants de Melilla, survenu il y a quelques jours, ne pouvait pas être occulté lors de cette rencontre. En effet, le chef de la diplomatie espagnole a abordé la tragédie et tient pour responsable la faim.

«Les décisions que nous avons prises à Madrid permettront de faire en sorte que l’Alliance puisse continuer de préserver la paix, de prévenir les conflits et de protéger nos populations et nos valeurs». C’est en ces termes que Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN, a conclu le sommet. Auparavant, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a abordé la question du drame de Melilla qui ne pouvait pas ne pas s’inviter aux travaux.

Vendredi dernier, au moins 2 000 migrants, pour la plupart subsahariens, ont pris d’assaut la frontière espagnole de Melilla, à partir de la région marocaine de Nador. Si environ 133 candidats à l’émigration clandestine ont réussi à rejoindre le territoire espagnol, près de quarante d’entre eux ont péri au cours de la tentative de traversée. Un assaut décrit comme «violent» par les autorités espagnoles. Ce qu’ont d’ailleurs confirmé des témoignages qui font état d’usage d’armes blanches, de bâtons et autres gourdins par les migrants.

Ce jeudi 30 juin, José Manuel Albares, ministre espagnol des Affaires étrangères, qualifiant le sommet de l’OTAN à Madrid de «succès », a assuré que «les objectifs ont été pleinement atteints, tant au niveau de l’Alliance qu’au niveau espagnol». Abordant la nouvelle approche stratégique, le chef de la diplomatie espagnole a évoqué «des menaces hybrides telles que le flux de migration irrégulière ou le contrôle des flux d’énergie». Pour lui, il ne fait aucun doute qu’un «nouvel ordre de sécurité euro-atlantique a commencé».

Sur la question du drame de Melilla, José Manuel Albares a reconnu que «c’est une tragédie humaine qui nous émeut». Il a par ailleurs appelé à s’attaquer aux causes du drame de la migration irrégulière, comme, dit-il, la faim. Le diplomate a en outre félicité les forces de sécurité espagnoles et la gendarmerie marocaine, qui, précise-t-il, travaillent dans des conditions très difficiles.

Lire : Drame de Melilla : l’Algérie et le Maroc se renvoient la responsabilité