Opep : l’Algérie, garante de la stabilité des cours

Alger impose la doctrine du juste milieu au sein des pays exportateurs de pétrole. Un baril à 25 dollars en moyenne. Bon calcul. En se faisant le chantre de l’entente entre Etats membres, Alger a obtenu la présidence du cartel.

La position algérienne triomphe au sein de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Position du statut quo ou du  » baril à 25 dollars « , que le ministre de l’Energie et des Mines en poste à Alger et Président en exercice du cartel, Chakib Khelil, a encore défendu, mercredi, au cours d’une conférence de presse.  » Je ne vois pas de raison de penser à réduire ou à augmenter la production  » a-t-il affirmé. Précisant, à l’intention des pays consommateurs, au premier rang desquels l’Europe, que  » l’Opep a été jusqu’à présent un garant de la sécurité des approvisionnements « .

Plus petit dénominateur commun

Cette position ne fait pas l’unanimité au sein des pays de l’Opep, mais elle l’emporte en incarnant le plus petit dénominateur commun. Récemment, le ministre indonésien des Mines et de l’Energie, Purnomo Yusgiantoro, a déclaré qu’il soutiendrait une réduction supplémentaire de la production de pétrole brut lors de la prochaine réunion de l’Opep qui aura lieu à Vienne le 16 mars prochain. Des déclarations qui font suite à une augmentation des prix du brut qui ont atteint, vendredi, leur plus haut niveau depuis deux mois, avec un baril négocié à 30,45 dollars US sur le marché de New-York.

Une réduction jugée inutile par le ministre saoudien du Pétrole Ali-al Nouaïmi, qui a estimé le 5 février dernier, que le prix du baril  » était fixé à un taux raisonnable « .

Entre les pays du Golfe traditionnellement favorables à un cours bas du baril de brut et les autres, partisans d’un prix fort, l’Algérie a réussi à imposer la voie du juste milieu. Car ce qui préoccupe réellement les pays membres du cartel, c’est d’abord la concorde.

Guerre des prix

Chacun a en tête la guerre des prix à laquelle les pays de l’Opep se sont livrés dans les années 80. Un fiasco qui avait failli faire sombrer l’édifice commun. A cette époque, le prix du baril était descendu sous la barre des 10 dollars, alors que les pays consommateurs s’attachaient à réduire leurs dépenses.

Entre 1984 et 1992, un pays comme la France a fait passer sa facture pétrolière de 145 milliards de francs à 68 milliards. Dans le même temps, la part de l’Opep dans le commerce mondial du pétrole passait de 50% à 30%.

Dans cette croisade du baril à 25 dollars, l’Algérie peut compter sur un allié de poids : le Venezuela du président Chavez. Soit plus de 40% des hydrocarbures identifiés sur le continent américain. Avec Chabib Khelil, le secrétaire général de l’Opep, Ali Rodriguez, forme un tandem uni, gage d’une stabilité sans faille, que nul autre membre du cartel ne songe réellement à entamer.