ONU : Macky Sall auditionné pour le poste de secrétaire général


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L'ancien Président du Sénégal, Macky Sall
L'ancien Président du Sénégal, Macky Sall

Macky Sall se positionne dans la course à l’ONU. L’ancien président sénégalais a été auditionné devant les États membres pour défendre sa vision de l’organisation. 

L’ancien chef d’État sénégalais Macky Sall a passé son audition pour le poste de secrétaire général des Nations unies devant les représentants des 193 pays membres. Il a présenté son projet et ses priorités dans une phase décisive du processus de sélection. Elle permet aux candidats de convaincre sur leur capacité à diriger une institution mondiale. Pour

Un candidat africain au profil atypique

Seul représentant du continent africain parmi les quatre prétendants en lice, Macky Sall cultive sa différence. Contrairement à ses concurrents, il n’a jamais exercé de fonctions officielles au sein de l’appareil bureaucratique des Nations unies. Plus surprenant encore, sa candidature n’a pas été portée par le Sénégal, mais par le Burundi. Cette distance avec son pays d’origine et l’institution new-yorkaise, il entend la transformer en force. Face à l’Assemblée, il s’est présenté comme un « bâtisseur de ponts », un homme d’État capable de naviguer entre les intérêts divergents des capitales mondiales grâce à une expérience du pouvoir de près de quarante ans.

Une réforme profonde et une diplomatie du dialogue

Le projet porté par l’ancien chef d’État repose sur une transformation structurelle de l’organisation. Macky Sall plaide pour une ONU plus réactive, axée sur la diplomatie préventive et une rationalisation de ses mécanismes internes. Son discours a mis l’accent sur sa capacité à dialoguer avec les grands de ce monde, du G7 au G20, tout en restant ancré dans les réalités du Sud. Pour illustrer sa volonté d’équilibre et de modernité, il a d’ores et déjà annoncé que, s’il était élu, sa numéro deux serait une femme issue d’un pays du Nord, scellant ainsi un pacte de collaboration transcontinental.

Le plaidoyer pour une Afrique forte et désendettée

Fidèle à ses combats passés, Macky Sall a profité de cette tribune pour porter haut les revendications du continent. Il a vigoureusement réclamé l’attribution de deux sièges permanents supplémentaires pour l’Afrique au sein du Conseil de sécurité, dénonçant une anomalie historique. Sur le front économique, il a appelé à une approche globale et concertée de la dette africaine. Selon lui, cette question ne peut être résolue de manière isolée et nécessite un cadre de discussion impliquant aussi bien les économies avancées que les nations en développement.

Entre ambitions internationales et contestations nationales

Malgré une prestation orale maîtrisée, le chemin vers le 38e étage du United Nations Plaza reste semé d’embûches. Si son expérience des arbitrages difficiles est un atout, sa légitimité est vigoureusement contestée au Sénégal. Des associations de victimes des violences politiques survenues entre 2021 et 2024 tentent de peser sur le processus. Elles rappellent les zones d’ombre de sa fin de règne à Dakar. Le calendrier diplomatique, lui, s’accélère : le Conseil de sécurité examinera les dossiers durant l’été pour formuler une recommandation finale. Le nom du prochain dirigeant de l’ONU devrait être connu avant la fin de l’année 2026.

Fidele K
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Fidèle K est journaliste et rédactrice spécialisée, passionné par l'Afrique et ses dynamiques politiques, culturelles et sociales. A travers ses articles pour Afrik, elle met en lumière les enjeux et les réalités du continent avec précision et engagement.
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