ONU : le Burundi propulse Macky Sall dans la course au Secrétariat général


Lecture 3 min.
Macky Sall
Macky Sall

L’ancien président sénégalais Macky Sall est officiellement en lice pour succéder à Antonio Guterres au poste de Secrétaire général des Nations Unies. L’annonce a été faite ce lundi 2 mars par la porte-parole de l’Assemblée générale de l’ONU. Elle précise que le dossier de candidature a été déposé par la République du Burundi. Si cette démarche peut surprendre, elle s’inscrit dans une volonté de donner à cette candidature une dimension continentale.

Le Burundi, qui assure la présidence de l’Union africaine, place ainsi l’ancien chef d’État sénégalais comme le champion potentiel de l’Afrique, malgré le fait que son propre pays, le Sénégal, n’ait pas porté sa nomination dans un contexte de tensions politiques nationales.

Le candidat du consensus face aux puissances du P5

Pour accéder au 38e étage du Palais de Verre à New York, Macky Sall devra obtenir l’aval crucial des cinq membres permanents du Conseil de sécurité. Ses conseillers misent sur son absence de contentieux majeur avec les grandes puissances. Son bilan à la tête de l’Union africaine entre 2022 et 2023 joue en sa faveur : il a su maintenir un dialogue avec la Chine de Xi Jinping tout en affichant une neutralité remarquée vis-à-vis de la Russie de Vladimir Poutine lors des votes aux Nations Unies. Dans un climat géopolitique de plus en plus polarisé, l’ancien président sénégalais se présente comme une figure capable de réconcilier les intérêts divergents du « Sud global » et des puissances occidentales.

Les obstacles d’une règle non écrite et du genre

La route vers le 1er janvier 2027 reste toutefois semée d’embûches. Traditionnellement, une rotation géographique non officielle suggère que le prochain mandat devrait revenir à l’Amérique latine. Macky Sall se retrouve ainsi face à des concurrents de taille comme l’Argentin Rafael Grossi, patron de l’AIEA, et l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet. De plus, une pression croissante s’exerce au sein de l’organisation pour qu’une femme soit nommée pour la toute première fois à la tête de l’institution. Face à ces critères, les partisans de Macky Sall estiment que les divisions internes au Conseil de sécurité pourraient disqualifier les candidates pressenties. Selon eux, cette situation ouvrirait la voie à un candidat de compromis.

Un rayonnement international malgré des turbulences nationales

Cette ambition onusienne intervient alors que Macky Sall fait l’objet de vives critiques à Dakar. Les nouvelles autorités sénégalaises, portées par le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko, l’accusent de manquements graves dans la gestion des finances publiques. Ce contraste entre sa stature internationale de médiateur et les poursuites potentielles dans son pays d’origine sera l’un des enjeux majeurs de sa campagne. Sa prochaine étape déterminante sera d’obtenir l’onction officielle de l’ensemble de l’Union africaine afin de transformer cette proposition burundaise en une candidature de bloc unifié face au reste du monde.

Fidele K
LIRE LA BIO
Fidèle K est journaliste et rédactrice spécialisée, passionné par l'Afrique et ses dynamiques politiques, culturelles et sociales. A travers ses articles pour Afrik, elle met en lumière les enjeux et les réalités du continent avec précision et engagement.
Newsletter Suivez Afrik.com sur Google News