
Le ministère de l’Intérieur et la Police républicaine du Bénin ont décidé de frapper fort pour mettre fin à la cavale des auteurs de la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025. Près de trois mois après les événements qui ont visé le palais de la Marina, les autorités béninoises ont officiellement lancé un avis de recherche d’une envergure inédite.
Depuis ce lundi 2 mars, une affiche circule massivement dans la presse nationale et sur les plateformes numériques, promettant une somme de 20 millions de francs CFA, soit environ 30 500 euros, à toute personne fournissant des informations capitales.
Le Colonel Pascal Tigri dans le viseur des autorités
Au centre de cet avis de recherche figurent neuf noms. Une figure capte toutefois toute l’attention : le colonel Pascal Tigri. Les autorités le présentent comme le cerveau présumé de l’opération de déstabilisation visant le président Patrice Talon. Les documents officiels le montrent sous deux visages : en costume civil et en tenue de combat. Il n’est pas le seul gradé visé par la justice. Lors de la déclaration télévisée du 7 décembre, les autorités ont également cité plusieurs militaires. Parmi les fuyards figurent notamment Sambiéni Castro, Samary Ousmane et Sanhouékoua Bernard.
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L’implication troublante d’un ancien policier
L’enquête a révélé des détails surprenants sur la logistique des putschistes. En effet, au-delà des militaires d’active, la police recherche désormais activement Osseni Yacoubou Moudachirou, un policier à la retraite. Selon les éléments recueillis, ce dernier aurait mis son domicile à disposition afin de séquestrer les deux chefs d’état-major pris en otage au début de l’insurrection. Cette implication présumée au sein même des forces de sécurité révèle l’ampleur du réseau. Plus largement, elle souligne la complexité des ramifications de ce complot, qui continue de secouer l’appareil sécuritaire béninois.
Une prime évolutive sous le sceau de l’anonymat
La Police républicaine mise sur la collaboration citoyenne pour accélérer les interpellations. Pour rassurer d’éventuels informateurs, les autorités garantissent un anonymat total via une ligne téléphonique dédiée. Le montant de 20 millions de francs CFA n’est d’ailleurs qu’une base de départ. L’institution a précisé que cette récompense pourrait être revue à la hausse si les renseignements permettent de capturer directement l’un des fugitifs. Cette stratégie marque une nouvelle étape offensive dans la gestion de cette crise politique et militaire.



